RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 27 - Numéro 423 du 13 novembre 2015
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Point de vue
L’OMS atténue son attaque
contre la viande rouge et la charcuterie
Q
uatre jours après la
publication
d’une
étude accusant la
viande rouge et la charcu-
terie d’augmenter le risque
de cancer, que nous avons
évoqué dans l’édition quoti-
dienne de RiskAssur, l’OMS
s’est défendu d’appeler les
consommateurs à ne plus
manger de viande.
L’OMS rappelle que le Centre
international de recherche
sur le cancer, le CIRC, son
agence spécialisée dans la re-
cherche sur le cancer, venait
de classer la viande trans-
formée, essentiellement la
charcuterie, dans la catégo-
rie des agents cancérogènes
pour l’homme, tandis que les viandes rouges, incluant le
porc et le veau, ont été classées comme probablement
cancérogènes.
La nuance mérite d’être relevée, pour la charcuterie, c’est
une « certitude », mais uniquement une « probabilité »
pour la viande rouge.
Nous avons signalé précédemment à nos lecteurs les
nombreuses réserves apportées à l’étude du CIRC, pu-
bliée par l’OMS, que le ministre de l’agriculture australien
a qualifié depuis, de farce.
L’OMS, face aux protestations qui se sont exprimées un
peu partout, y a répondu en expliquant que cette étude
ne demande pas aux gens d’arrêter de manger de la
viande transformée, mais indique que réduire la consom-
mation de ces produits peut réduire le risque de cancer
colorectal.
Elle souligne, aujourd’hui, que l’état actuel de la re-
cherche ne permet pas de déterminer une quantité saine
de consommation, après avoir annoncé comme dange-
reux la consommation quotidienne de 50 grammes de
charcuterie et de 100 grammes de viande rouge.
Il s’agit maintenant de rectifier le tir et pour cela elle
annonce qu’en début de l’année prochaine, des experts
commenceront à se pencher sur les implications pour la
santé publique des dernières avancées de la science et la
place de la viande transformée et de la viande rouge dans
un régime alimentaire sain.
Pourtant, en classant les produits carnés cancérogènes,
comme il vient de le faire le CIRC s’est basé sur plus de
800 études, ce qui n’est pas rien.
Ces études lui ont permis d’attribuer 34 000 morts par
an à des aliments riches en viande transformée, c’est
énorme par rapport aux tués de la route, mais faible par
rapport aux tués attribués à l’alcool et au tabac.
C’est un problème sérieux, car si la viande rouge à gril-
ler pose un problème de prix d’achat à bon nombre de
consommateurs, la charcuterie est au contraire un ali-
ment de base plus accessible à tous, d’où l’importance de
clarifier les risques pour la santé qu’elle peut présenter.