n°423 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 13 novembre 2015 - page 26

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page 26 - Numéro 423 du 13 novembre 2015
Point de vue
Le débat sur la fin de vie au parlement
s’annonce une fois de plus mouvementé
L
es parlementaires français
n’arrivent toujours pas à
aborder franchement le
problème de l’euthanasie et
du suicide assisté, une liberté
réclamée par une majorité de
Français, mais sans vouloir né-
cessairement à y recourir.
Le résultat a été la loi Léonet-
ti de 2005, incomplète, mal
connue et difficile à interpréter
et, pour cette raison, à faire ap-
pliquer par Ie corps médical.
Cependant, les discussions et
commentaires ont permis de
faire connaître les soins pallia-
tifs, une solution d’apaisement,
qui manque malheureusement
de moyens pour se généraliser,
notamment en médecine de ville, dans les déserts médi-
caux.
Depuis, le candidat Hollande à la présidence de la Répu-
blique s’est engagé à revoir la loi de 2005, sans jamais
avancer le terme honni d’euthanasie et, une fois élu, il
a attendu plus deux ans avant de charger deux députés,
Alain Claeys et Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005, à
préparer une refonte de celle-ci.
Après son adoption à une large majorité à l’Assemblée na-
tionale, le texte présenté par Alain Claeys et Jean Leonet-
ti, qui a tourné autour de la sédation profonde et conti-
nue, a été modifié par la commission des affaires sociales
du Sénat.
L’un des co-rapporteurs du texte, a précisé les ambitions
de cette commission :
« Elle a oeuvré pour que les malades puissent demander
l’arrêt des traitements et une sédation profonde et conti-
nue ; que les directives anticipées soient révisables et ré-
vocables à tout moment et par tout moyen ; que leur exis-
tence soit rappelée à leur auteur, et que le témoignage de
la personne de confiance prévale sur tout autre ».
Un autre rapporteur a précisé que la commission avait
insisté pour que les soins palliatifs soient accessibles
sur tout le territoire, en faisant sans doute allusion au
manque chronique de moyens.
La ministre de la Santé, Marisol Touraine a dénoncé au
contraire un texte qui est en « recul non seulement sur
la version de l’Assemblée nationale mais aussi sur la loi
Leonetti de 2005, en ne conservant que deux critères, la
disproportion des traitements et le maintien artificiel de
la vie ».
Le texte doit désormais faire l’objet d’une commission
mixte paritaire composée de 7 sénateurs et de 7 députés,
chargés de trouver une version ion commune aux deux
chambres.
Il faut attendre sa version définitive pour l’analyser.
Puis, un jour, si nécessaire, il sera possible de repasser le
sujet à l’ouvrage, pour régler la question de la fin de vie,
certes difficile, mais sans tourner autour du pot.
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