RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 23 - Numéro 420 du 23 octobre 2015
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Commentaire
garantir le paiement des soins, dans la limite des
tarifs conventionnels.
L’avantage de ce système est que la santé est le seul
secteur économique en France, qui échappe, grâce
à la Sécurité sociale et aux assurances complémen-
taires, aux défauts de paiements et aux faillites.
Dans l’économie réelle, les défauts de paiement
sont la première cause de dépôts de bilans des en-
treprises, alors que le tiers payant est aujourd’hui
essentiel et nécessaire pour les professionnels de
santé et pour l’hôpital, comme garant du paiement.
Les syndicats de médecins libéraux se leurrent en
pensant que ce n’est pas la Sécurité sociale qui les
paie.
Ainsi, on est en face d’un débat illusoire, qui fait la
joie des médias et permet aux slogans des manifes-
tants de fleurir, sans le moindre résultat.
Pendant ce temps, les difficultés d’accès aux soins
de la population perdurent et les déserts médi-
caux, dans certaines régions, progressent.
Depuis des décennies, les syndicats médicaux par-
ticipent aux négociations sur les soins de ville sans
apporter de réponses aux questions qui concernent
les patients, l’accès aux soins pour tous et partout,
notamment grâce à une nouvelle organisation fon-
dée sur des équipes pluri professionnelles, assu-
rant la qualité et la sécurité des soins.
La généralisation du tiers payant est la possibilité
donnée à la population de ne plus avoir pour seul
recours l’hôpital gratuit et ouvert à tous, lorsque
les soins attendus relèvent de la médecine de ville.
Mettez-vous à la place d’un patient qui n’obtient
pas de rendez-vous, chez un médecin, par crainte
de celui-ci de ne pas être payé, mais la question
reste entière pour la garantie des dépassements
d’honoraires.
Comme quoi l’argent régente souvent les rapports
humains, ce qui fait que l’on le trouve trop souvent
en tête des préoccupations des syndicats médi-
caux.
Aujourd’hui encore, un conflit tourne autour de
relèvement des honoraires de la consultation du
généraliste de 23 euros à 25 euros, avec fermeture
des cabinets.