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page 22 - Numéro 420 du 23 octobre 2015
Commentaire
L’opposition au tiers payant
bloque le bon exercice de la médecine de ville
L
’opposition des syndicats
de médecins libéraux à
la généralisation du tiers
payant est essentiellement
idéologique et fondé sur le
dogme que le malade « honore
» le médecin, alors que le com-
bat contre le tiers payant gé-
néralisé est un combat contre
notre modèle social, tel qu’il
existe depuis la création de
la Sécurité social et empêche
notre système de soin de pro-
gresser.
Dans la pratique, il est propo-
sé aux médecins de ville de
recevoir de la Sécurité sociale
les honoraires tels que tarifés
par les accords conventionnels
et de recevoir, pour ceux en catégorie 2, le montant des
dépassements couverts par les assurances complémen-
taires santé.
Là où le bât blesse, c’est quand ce complément reste à la
charge du patient non assuré, ce qui oblige le médecin
d’intervenir avec « mesure et tact » pour se faire payer.
Si les patients ne paient pas en sortant de l’hôpital, après
avoir reçu des soins, c’est parce qu’ils ont déjà payé à tra-
vers leurs cotisations sociales et leurs impôts, avant d’être
soignés.
C’est également le cas des assurances complémentaires
santé, en souscrivant cette assurance et en versant régu-
lièrement les cotisations convenues, il achète un droit à
indemnisation, en cas de maladie.
Cette assurance intervient, comme son nom l’indique, en
complément de la Sécurité social et, pour en faciliter la
mise en oeuvre effective, elle peut être déclenchée par le
règlement de celle-ci.
C’est le cas des médicaments achetés sur ordonnance
dans les pharmacies et des frais de laboratoire.
Ce principe doit devenir la règle, pour le versement des
honoraires des médecins de ville, une fois leur opposition
levée.
L’opposition des médecins libéraux à sa généralisation
reste essentiellement idéologique et l’appel des syndicats
de médecins à le boycotter, illustre la remise en question
du contrat social entre les médecins libéraux et la société.
Les médecins libéraux ont reçu le monopole des soins en
ville, qui les oblige à offrir des soins à toute la population,
même nécessiteuse et sur tout le territoire.
Avec les taux de cotisations sociales les plus forts en Eu-
rope, la France permet, à travers la Sécurité sociale, de