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page 24 - Numéro 419 du 16 octobre 2015
Point de vue
Il est de plus en plus question du rattrapage
de la fiscalité du diesel sur l’essence
L
es mauvaises langues diront
que le gouvernement, en
manque de recettes, augmen-
tera les taxes sur le diesel, sans
les baisser sur l’essence, comme
il vient de le faire, à hauteur de
deux centimes, il y a peu.
Disons que c’est facile en période
de baisse du prix des carburants,
à lui de prouver le contraire et de
publier l’évolution des taxes.
La tromperie commise par le
géant de l’automobile, Volkswa-
gen a jeté le discrédit sur le diesel,
dont Ségolène Royal a sonné le
glas, en disant dans une récente
émission à la télévision « qu’un
jour ou l’autre, il faudra en termi-
ner avec le diesel. »
Il faut savoir que la France dispose du parc automobile le
plus diésélisé au monde, avec plus de 64 % des véhicules
particuliers, qui en sont équipés, sans parler de tous les
utilitaires qui roulent – presque - sans exception au diesel.
Pour la ministre de l’Ecologie, la discussion est sur la
table, en précisant qu’il fallait « programmer les choses
sur cinq ans, pour sortir de l’avantage du diesel au regard
des taxes. »
Le projet de loi de finance 2016, qui va être discuté inces-
samment par les parlementaires ne précise rien concer-
nant le diesel et Bercy interrogé, a fait savoir que cette
question sensible devrait être intégrée au projet de loi
rectificative, début décembre.
Actuellement, le différentiel entre le diesel et l’essence
est de l’ordre de 15 centimes d’euro au litre, alors que le
gouvernement a commencé le rattrapage fiscal, à raison
de 2 centimes le litre de diesel, afin de remédier notam-
ment à la perte due à l’abandon de l’écotaxe poids lourds,
donc rien pour l’essence.
Ségolène Royal a évoqué l’échéance de 2020, pour l’ali-
gnement entre diesel et l’essence en déclarant « je veux
que cela soit neutre, que la fiscalité écologique ne se tra-
duise pas par des impôts en plus ».
Pour elle, en clair, cela veut dire, que l’augmentation de la
fiscalité sur le diesel doit être compensée par une dimi-
nution de celle sur l’essence, même si ce ne sont pas les
mêmes qui paient.
Il se trouve que le secrétaire d’Etat au Budget, Christian
Eckert, n’est pas du même avis, la baisse de la fiscalité sur
l’essence n’est pas à son goût.
Sur la possibilité d’abaisser la fiscalité de l’essence, tout
en relevant celle du diesel, il s’est contenté de répondre
que le sujet était à l’étude, en précisant « A titre person-
nel, je suis pour un rapprochement progressif de la fisca-
lité de ces deux types de carburant, aujourd’hui favorable
au gazole, qui alimente les diesels ».
Ce rapprochement risque de se traduire par un relève-
ment des taxes sur le diesel, pour combler l’anomalie de
la France sur le diesel, déjà tombée de 17 à 15 centimes
le litre.