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page 26 - Numéro 400 du 24 avril 2015
Point de vue
L’Union européenne facilite le contournement
du numerus clausus des professions médicales
L
e numerus clausus qui signifie « nombre fermé » cor-
respond à la limitation décidée par une autorité pu-
blique ou professionnelle du nombre de personnes
admises à concourir à une fonction ou à un métier et, no-
tamment à faire, des études qui y donnent accès.
Force est de constater que le numerus clausus qui doit
réguler l’accès aux professions de santé en France est de
plus en plus contourné, selon l’Ordre national des chirur-
giens-dentistes, alors qu’il est censé permettre le dé-
ploiement de moyens nécessaires et suffisants pour faire
face aux besoins.
Ainsi le numerus clausus dans l’admission aux études
médicales françaises découle d’une loi de 1979, permet-
tant de fixer directement par arrêté ministériel le nombre
d’étudiants pouvant être admis en deuxième année de
médecins, odontologie, de pharmacie et sages-femmes
et il faut croire que cela ne fonctionne pas.
Après la première année d’études, à accès libre, il ne s’agit
pas de passer un examen mais un véritable concours,
pour accéder à un nombre de places limité, que des can-
didats cherchent à éviter, avec succès, en se faisant for-
mer à l’étranger, une possibilité facilitée par les disposi-
tions en vigueur dans l’Union européenne et notamment
par l’équivalence des diplômes qui y sont délivrés.
Selon l’ordre national des chirurgiens-dentistes, plus d’un
tiers des nouveaux dentistes, exactement 34,7 % exerçant
en France en 2014 ont été formés à l’étranger, essentiel-
lement en Roumanie, en Espagne et au Portugal, pour
former un total de 510 praticiens sur les 1 466 nouveaux
inscrits.
Toutefois, l’un des obstacles à vaincre est celui de la
langue.
Par contre, le nombre de nouveaux dentistes Français ne
cesse de diminuer, passant de 85,60 % en 2010 à 69,50 %
en 2013, soit 1 019 praticiens en tout.
Cependant, parmi les dentistes formés à l’étranger, il y a
aussi des Français, en particulier en Espagne, en Rouma-
nie, mais aussi en Algérie.
Pour l’ordre, il confirme la tendance des Français à se for-
mer hors Hexagone afin de contourner le numerus clau-
sus et la première année commune aux études de santé,
mais ils viendront sûrement s’installer en France à la fin
de leurs études.
Pour Christian Couzineau, le président de l’ordre des
chirurgiens-dentistes, on n’a pas encore vu venir la vague
de retour, « mais dans deux ou trois ans il va y avoir une
flopée qui va arriver ».