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page 22 - Numéro 400 du 24 avril 2015
Point de vue
Les partenaires sociaux sont
au chevet des retraites complémentaires
L
es partenaires sociaux qui
gèrent les deux régimes de
retraite complémentaires
par répartition des salariés du
secteur privé, AGIRC et ARRCO,
se sont donnés jusqu’au mois
de juin pour trouver comment
rétablir l’équilibre financier des
deux régimes, affectés la fois
par l’allongement de la durée
de la vie humaine et, à titre
conjoncturel, par le chômage.
S’agissant de régimes complé-
mentaires au régime de base
de la Sécurité sociale dont ils
complètent le niveau les pen-
sions, l’ouverture des droits à la
retraite est démarqué, depuis
l’origine, de celle-ci, sans que
ce soit une fatalité.
La presse parle de négociations de la dernière chance
pour sauver l’AGIRC et l’ARRCO de faillite, ce qui est exa-
géré car une caisse de retraite par répartition ne peut pas
faire faillite, son rôle consiste à répartir entre les retrai-
tés, ni plus ni moins, que les cotisations des actifs, sauf à
mettre fin à la solidarité entre les générations, ce qui n’est
pas pensable.
Pour les raisons indiquées plus haut, il y a des plus en plus
de retraités à servir à cause de l’allongement de la durée
de la vie humaine et le niveau des cotisations souffre en
ce moment du chômage, qui affecte les salaires.
Les partenaires sociaux ont profité des années fastes du
passé pour constituer des réserves financières, qui per-
mettent encore d’éviter la baisse trop prononcée des
pensions, mais qui sont sur le point de s’épuiser, à com-
mencer par celle de l’AGIRC, le régime des cadres, le plus
affecté par la crise.
La solution à trouver, consiste à faire coïncider les re-
cettes avec les dépenses, en augmentant les unes et en
réduisant les autres or, si les représentants des salariés
sont favorables à une augmentation des cotisations pa-
tronales, ce n’est pas le cas des représentants patronaux
et c’est sur ce point que peut se bloquer la discussion.
Dans un document de travail actuellement sur la table
des négociations, le MEDEF propose, au nom des em-
ployeurs un plan d’économie de 7,1 milliards d’euros à
l’horizon 2020.
Celui-ci mise sur un recul de l’âge de la retraite au taux
plein, en appliquant des abattements dégressifs et tem-
poraires sur les pensions, de 62 à 67 ans.
Une autre réforme proposée affecte le niveau des pen-
sions de réversion qui passeraient de 60 % à 55 %.
Enfin, les discussions portent également sur une éven-
tuelle fusion des deux régimes qui fonctionnent sur les
mêmes bases techniques, ce qui permettrait, en regrou-
pant les caisses de base, de réaliser de sérieuses écono-
mies de gestion et de fonctionnement.
Un dossier qui n’est pas simple à régler, face à des intérêts
divergents des différents intervenants.