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page 20 - Numéro 400 du 24 avril 2015
Point de vue
Marisol Touraine se déclare favorable
à un dispositif automatique de circulation alternée
C
haque fois, à l’occasion
d’un pic de pollution
saisonnier, une polé-
mique oppose la maire de Pa-
ris, Anne Hidalgo, soutenu par
le président de la Région Ile
de France, Jean Paul Huchon,
à la ministre de l’Ecologie qui
refuse d’entendre parler d’un
dispositif de mise en place
automatique de la circulation
alternée, ce qui n’est pas pro-
ductif.
Début avril, au début d’un épi-
sode de pollution accrue, les
élus franciliens, soucieux de
la santé de la population, ont
demandé au préfet, qui en
détient du gouvernement le
pouvoir de décision, la mise en
oeuvre rapide de la circulation, pour agir sur la pollution
en formation.
Ségolène Royal s’y est opposée, prétextant qu’il fallait at-
tendre de voir l’évolution de la situation, qui était déjà
catastrophique, car « empêcher quelqu’un de prendre
sa voiture, c’est une mesure privative de liberté, il faut
qu’elle soit justifiée » a-t-elle affirmée.
Or ce type de décision doit se justifier par un niveau de
pollution jugé dangereux pour la santé de la population
et, pour être efficace, la mesure doit s’appliquer automa-
tiquement, sans dépendre de l’humeur d’une personne,
quelle que soit son importance à l’instant T.
Ne pas pouvoir prendre sa voiture est certes un sacrifice
important, à consentir par les automobilistes dans l’inté-
rêt général, d’où la nécessité, d’être attentif à son seuil
de déclenchement, à fixer sur la base d’avis d’experts re-
connus.
N’oublions pas que les automobilistes sont des citoyens
comme les autres, qu’ils sont concernés, avec leurs fa-
milles par les pics de pollution qui s’abattent sur leur ré-
gion et des mesures prises, pour les en protéger.
Actuellement, en Ile de France, seul un arrêté du préfet
peut déclencher le processus de circulation alternée,
après trois jours de pic de pollution aux particules, si la
prévision est encore mauvaise pour le 4ème jour.
Les élus franciliens souhaitent que ce dispositif soit plus
rapidement appliqué et être associé à la décision, sans
plus.
Les choses semblent bouger puisque Ségolène Royal a
mandaté deux experts, chargés de proposer des pistes
pour réformer le processus de décision « afin de mettre
fin aux polémiques inutiles », ce qui corrige ces dires pré-
cédents, selon lesquelles « personne ne peut ni imposer,
ni vociférer, ni exiger ».
Pour la ministre de la Santé, « nous devons commencer
par rendre les transports gratuits, demande que la vitesse
soit réduite et puis en venir à la circulation alternée. »
Autrement dit, on est proche d’une solution.