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page 16 - Numéro 396 du 27 mars 2015
Point de vue
La circulation alternée réduit
mais ne supprime pas la pollution
A
près une semaine d’air irrespirable en Ile de France,
le gouvernement a finalement autorisé, conscient
des difficultés qui en résultent pour bon nombre
d’habitants, la circulation alternée à Paris, ce lundi 23
mars 2015.
Mettez-vous à la place d’une personne tributaire de sa
voiture pour aller à son son travail et pour ses déplace-
ments familiaux, qui se trouve privée un bon matin de son
seul moyen de déplacement et ils ont été nombreux dans
cette situation.
Les gaz toxiques et les particules fines émis par la circula-
tion automobile sont l’un des éléments de la pollution en
zone urbaine, mais certainement pas le seul.
L’instauration de la circulation alternée s’accompagne
d’autres mesures d’urgences d’accompagnement, comme
le contournement de l’agglomération par les poids lourds
en transit, où la réduction de la vitesse maximale, plus ou
moins observée.
Le précédant dispositif de circulation alternée, instauré
le 17 mars 2014, avec hésitation et retard, la veille des
élections municipales, avait permis seulement de réduire
le trafic routier de 18 % à Paris, de 13 % dans la petite
couronne et de 9 % dans la grande couronne, ce qui est
peu, compte tenu des difficultés créées pour la popula-
tion, mais donne, bonne conscience aux responsables
politiques.
Selon le bilan dressé, deux mois plus tard par Airparif, la
concentration des particules fines, les PM10 avait dimi-
nué en moyenne de 6 % et celle de dioxyde d’azote de
10 %.
Prudent, Airparif en parlant d’un impact quantifiable et
visible de la circulation alternée, elle émettait toutefois
des réserves sur le dispositif et appelait à une action pé-
renne de grande envergure sur le trafic, pour s’attaquer à
la pollution chronique.
Or la pollution chronique dont il s’agit va bien au de la
de celle de la circulation automobile, elle englobe celle
résultant du chauffage et l’industrie, mais aussi et la pol-
lution agricole transportée par le vent.
Pour ce qui est du vent, il pousse vers nous la pollution
produite au loin, même celle au-delà de nos frontières et
contre laquelle on ne peut rien et que rien n’arrête.
En fin de compte, la pollution imputable à la circulation
automobile doit représenter un tiers du total des sources
de pollution et il faut relativiser son impact.
Elle n’est probablement pas plus importante que celle ré-
sultant de la combustion de charbon, les lignites (charbon
brun) en Allemagne et de l’anthracite en Europe de l’Est,
pour produire de l’électricité bon marché, que nous ap-
porte le vent.
En France, nous ne pouvons agir que dans le domaine de
la circulation automobile, ce dont des politiques ont fait
leur fonds de commerce.