n°468 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 25 novembre 2016 - page 39

RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 39 - Numéro 468 du 25 novembre 2016
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Réflexion
en particulier, qu’ils ont besoin d’être encadré et formé
pour en comprendre la portée.
Notre intuition est que la tolérance au risque des
milléniaux en matière financière du fait même de leur
préoccupation en matière de retraite trouvera un niveau
d’équilibre « normal » dès lors qu’ils auront pu mesurer
son impact sur le rendement de leur épargne. Du fait
de l’influence des médias sociaux, et les avis de pairs,
le passage des fonds pension à prestations définie, au
fonds de pension à contribution définies, et la volatilité
des marchés financiers, ont renforcé leur propension à
préférer des investissements conservateurs. Et, le travail
des employeurs et des conseillers est de les ouvrir aux
conséquences ainsi qu’évoqué ci-dessous.
4.3 Sophistication financière et
retraite
Les milléniaux sont confrontés à des défis nouveaux
par rapport aux générations précédentes en matière de
retraites dans tous les pays développés, en particulier
en France les boomers, et les gen X dans une moindre
mesure, comptaient presqu’exclusivement sur les
retraites obligatoires par répartition pour satisfaire leurs
besoins économiques du troisième âge. Les milléniaux
ont pris conscience de la nécessité de mettre en place
des compléments d’épargne. Dans la mesure où aux
Etats-Unis les fonds de pension sont la norme, malgré
l’existence de retraite de la Sécurité Sociale, l’évolution
des mentalités qui s’est prêtée à des recherches, peut
servir d’illustration à la situation des jeunes milléniaux
français.
Les milléniaux sont apparemment moins formé en
matière de finances familiales car moins d’un sur quatre
semble avoir les compétences de base alors même
qu’ils doivent apprendre à gérer une épargne à long
terme et ceci joint à leur réticence à prendre des risques
déjà évoquées ne leur laisse pas beaucoup de marge
de manœuvre, surtout si les taux d’intérêt demeurent
aussi bas. Il conviendrait dont que les employeurs et les
gestionnaires de fonds de pension jouent le double rôle
de conseiller et d’éducateur pour réduire la contradiction
entre la responsabilité financière de milléniaux et leurs
compétences en la matière.
Pour ce faire, il faudra illustrer les choix financiers en
montrant les résultats que l’on peut obtenir sur le long
terme sous réserve d’accepter de prendre certains
risques pour atteindre des objectifs spécifiques sur
le long terme, retraite bien entendu, voire études
supérieures des enfants. Dans le même mouvement, on
peut aussi leur montrer de combien devrait augmenter
leur épargne mensuelle pour atteindre ces mêmes
objectifs s’ils refusent de prendre le moindre risque,
avec pour conséquence de réduire leur capacité de
consommation courante, voire de risquer de ne pas
atteindre les objectifs.
Bien entendu, sur ce plan également, la spécificité des
milléniaux peut offrir une opportunité si les formations/
informations sont offertes en utilisant les moyens
modernes de communication, les lettres d’information
en ligne, les blogs, les média-sociaux plutôt que les
séminaires de formation traditionnelle, sauf à capitaliser
sur les avis de pairs.
5 Les milléniaux et le risk management
8
Selon les études et la source des informations, les
milléniaux sont un des risques les plus importants pour
les entreprises et il faut en particulier les comprendre
et savoir répondre. Selon une étude récente
9
,
« ils sont
ceux qui sont les plus susceptibles d’observer des fautes
ou manquements, et de sentir la pression de violer leurs
principes, ou de s’engager dans des comportements à
risques ou douteux. »
Toutefois, un regard en arrière vers les boomers, et les
années soixante, pourrait conduire à penser que cela
n’est pas si nouveau. Les nouveaux retraités n’ont-ils
pas eu le même sens d’immortalité quand ils étaient
jeunes. En revanche, les outils des média sociaux dont
l’explosion a accompagné la création des téléphones
androïdes ont modifié les modes de communication et
les milléniaux au travail sont confrontés à des défis que
leurs prédécesseurs n’ont pas connus, et leurs mentors
dans les entreprises non plus au même stade de leurs
carrières. Les médias sociaux permettent à tout le monde
d’échouer, à une échelle globale
10
.
Le sens de conservation de soi nous pousse à
entreprendre des actions moins risquées avec l’âge. La
culture des risques sur le lieu de travail devrait atteindre
tout le monde mais doit être revue pour s’adapter aux
attentes et comportements des milléniaux, à savoir :
*
Une formation pertinente
 :
Les milléniaux apprennent surtout avec des scénarios
tirés de la vie réelle. Ils sont moins sensibles à l’écrit :
les manuels, les présentations par textes, et les
instructions écrites ne les intéressent pas beaucoup.
En particulier, en matière de gestion des risques, ils
ont besoin d’être plongés dans des situations réelles,
de participer à des exercices pour en comprendre
l’importance et la portée dans leur vie quotidienne,
comme facteur de leur propre performance.
*
Une formation permanente et continue
 :
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Inspiré d’un entretien avec Russell McGuire de la société
Riskonnect et professionnel de la gestion des risques avec près de
quatre décennies d’expérience
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