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page 24 - Numéro 429 du 15 janvier 2016
Point de vue
Les chocs pétroliers successifs
sont un mauvais souvenir pour les consommateurs
E
n 1975, l’organisation des pays expor-
tateurs de pétrole a multiplié le prix
du baril de pétrole brut par 5, puis de
hausse en hausse, les 100 dollars le baril ont
été franchis et on parlait déjà d’un baril à
200 dollars.
Le seul avantage de cette situation pour
les pays consommateurs était l’incitation à
la réduction de la consommation par des
économies d’énergie et au développement
d’énergies renouvelables, devenu rentable,
par contre les courants anti-nucléaires se
sont maintenus.
Puis, un jour, les conditions de l’effondre-
ment des marchés du pétrole étaient réu-
nies, alors que l’on ne s’y attendait pas et
comme les pays exportateurs n’ont pas réagi, les prix sont
passés sous les 40 dollars le baril.
Ce cours reste encore rentable pour des productions à
partir des gisements des pays du Golf, mais pas pour la
quasi-totalité des exploitations en mer et elle met en tout
cas les pays qui ont fondé leur économie sur la hausse
continue du cours du brut, en difficulté.
La surproduction à l’origine de cette situation reste im-
portante alors qu’une vigoureuse reprise de la demande
mondiale d’énergies fossiles, exclue depuis la COP 21,
n’est pas à l’ordre du jour.
On attend en 2016 une baisse de la production de pétrole
de schiste américain dont la mise sur le marché a contri-
bué à son effondrement, mais les productions d’autres
marchés, qui ne baisseront pas, continueront à alimenter
la pression sur les prix.
Il faut aussi compter sur l’arrivée du brut iranien, après la
levée des sanctions.
La réaction la plus remarquable à la baisse de sa rente
pétrolière a été celle de l’Arabie saoudite, toujours le pre-
mier producteur mondial.
Quelques heures après avoir annoncé un déficit budgé-
taire record en 2015, ce pays, tout en disposant de ré-
serves financières importantes a décidé d’augmenter
d’au moins de 50 % le prix des carburants dans son pays.
Ainsi, le prix de l’essence s’y situera entre 0,20 et 0,24
dollar le litre, en restant, dans la région du Golf parmi les
moins chers du monde, de quoi laisser rêveur les auto-
mobilistes français.
Cependant, il faut savoir qu’en Arabie Saoudite les habi-
tants sont habitués à des prix très bas des services publics
et des carburants et, pour eux, cette hausse est un choc
terrible, d’autant plus que le prix de l’eau va suivre.
Les économies ont beaucoup à perdre ou à gagner d’un
pétrole peu cher, ainsi l’Arabie saoudite et la Russie, les
deux premiers exportateurs mondiaux souffrent particu-
lièrement du repli des cours, tandis que la Turquie et l’In-
de en sont les principaux bénéficiaires.
Cette situation risque d’avoir selon le Fonds monétaire
international, le FMI des incidences négatives sur crois-
sance des pays exportateurs, mais a contrario, l’allége-
ment de la facture des pays importateurs entraînera un
surcroît d’activité chez eux.