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page 18 - Numéro 429 du 15 janvier 2016
Point de vue
Création de l’Institut pour la ville durable
L
a nouvelle ministre du Travail, Myriam El Khomri,
à l’époque encore secrétaire d’Etat chargée de
la politique de la ville, a annoncé au mois d’oc-
tobre 2015, la création de cet institut, destiné à être
un centre ressources pour penser la ville durable.
Les mauvaises langues diront un institut de plus,
pour créer des postes et des fonctions, en sachant
les nombreuses agences et instituts spécialisés font
partie des particularités françaises.
Il faut croire que cet institut présente un intérêt par-
ticulier, puisqu’à l’occasion de son lancement, lors
du dernier Conseil des ministres de l’année, celui
du 23 décembre, 4 ministres ou secrétaires d’Etat,
Laurent Fabius, Ségolène Royal, Sylvia Pinel et Patrick
Kenner, s’y sont associés.
En annonçant la création de cet institut, la secrétaire
d’Etat à la ville avait précisé que pour la ville, qui est
un écosystème cet institut sera le lieu privilégié où se
construisent à la fois les enjeux de croissance, de lien so-
cial et de transition écologique.
Cet institut aura pour mission de définir un cadre de ré-
flexion commun à tous les acteurs aujourd’hui dispersés.
Il doit permettre à la fois un recensement de toutes ces
initiatives, un partage plus efficace entre tous ces acteurs,
services d’Etat, collectivités, entreprises, une coordina-
tion des moyens et une expertise dans le cadre de projets
démonstrateurs.
A cet effet„ le Premier ministre a souhaité confier à
l’Agence nationale de rénovation urbaine, l’ANRU la préfi-
guration de l’Institut pour la ville durable.
Ceci étant fait, la responsable de l’ANRU qui a piloté la
mission de configuration a affirmé : « L’institut de la ville
durable est par essence interministériel et partenarial. »
La première mission de l’Institut sera d’accompagner le
développement de sites pilotes, donnant à voir des solu-
tions intégrant toutes les fonctions urbaines répondant
aux défis actuels de sobriété énergétique et de cohésion
urbaine et sociale.
Ont ainsi été annoncés en Conseil des ministres onze
premiers lauréats de l’appel à projets « Démonstration in-
dustrielle pour la ville durable » lancée par Sylvia Pinel et
Ségolène Royal dès le 8 octobre 2015.
Parmi les projets retenus, citons, à titre d’exemple, la
mise en place, dans le quartier de la Confluence à Lyon,
d’une plate-forme numérique permettant une optimisa-
tion de toutes les ressources, énergie, eaux et transport,
en sachant que cette rénovation du quartier visant son
autonomie énergétique.
Un autre projet, retenu à Marseille, consiste, en associa-
tion avec de grands groupes, à concevoir un ensemble
d’innovations de solidarité énergétique entre des im-
meubles de logements et de bureaux.
L’idée est que l’Institut de la ville durable encadre à titre
expérimental ou dérogatoire des initiatives et en assure
le suivi et l’évaluation pour proposer une évolution de la
législation en sachant qu’avec lui, l’expérimentation s’ins-
crira dans un cadre déterminé, c’est là tout son intérêt.
Selon ses initiateurs cela permet de promouvoir en
France et à l’international. Un marché potentiel estimé à
50 milliards d’euros, d’ici 2017, d’où l’intérêt marqué par
Laurent Fabius pour cette création.