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page 20 - Numéro 413 du 4 septembre 2015
Point de vue
Les décisions qui vont à l’encontre
de la lutte contre le réchauffement climatique
se multiplient
I
l est de notoriété publique que le réchauffement clima-
tique est imputable aux émissions de gaz à effet de serre,
le GES, dont la principale source est la consommation
de combustibles fossiles, le charbon et les hydrocarbures
liquides et gazeux non conventionnels, pour la production
de l’électricité, du chauffage, de la circulation routière, de
l’industrie, et de l’agriculture, principalement.
Les conséquences du réchauffement climatique se ma-
nifestent déjà, ce n’est qu’un début et les scientifiques,
après avoir fixé à 2 degrés l’augmentation moyenne de
la température à ne pas dépasser, pour conserver des
conditions climatiques acceptables sur notre planète, ont
ramené à 1,5 degré cette marge d’augmentation, déjà
partiellement atteinte, selon le point de départ retenu.
Pour y parvenir, il faudra réduire progressivement les
émissions de GES à zéro, ce qui veut dire de remplacer
progressivement les combustibles fossiles par des forces
et des combustibles renouvelables, tirées de l’eau, du
vent, du soleil et de la biomasse.
En attendant d’y parvenir à 100 %, il faudrait faire appel,
malgré les oppositions politiques, à titre intérimaire, à
l’énergie nucléaire, qui permet de produire de l’électrici-
té, sans émettre de GES, certes avec d’autres contraintes
et d’autres risques bien connus.
Cette question sera débattue dans quelques mois à Pa-
ris, à l’occasion de la COP 21 dont dépendra le sort de
la planète et qui opposera les pays du nord au pays du
sud, principalement au sujet du financement de l’effort
à fournir.
Les arbitres seront les pays émergents, désireux de rat-
traper le retard pris sur les pays développés du nord et
qui sont, de ce fait, les principaux pollueurs en puissance,
tout en étant les demandeurs de combustibles fossiles
bon marché, du charbon et des hydrocarbures de schiste,
que ceux qui les produisent n’hésitent pas de les leurs
fournir.
C’est le cas de l’Australie, qui dispose d’immense gisement
de charbon, mais qui rencontre aujourd’hui quelques
difficultés écologiques à propos de l’agrandissement de
ses installations portuaires, au détriment de la Grande
barrière de corail, classée au patrimoine mondiale par
l’Unesco, or ses exportations de charbon sont destinées à
la Chine et à L’Inde.
Plus près de chez nous, la Turquie compte construire des
dizaines de centrales thermiques pour assurer sa produc-
tion d’électricité, destinée à son expansion industrielle.
Le gouvernement britannique veut, de son côté, accélé-
rer le développement de l’exploitation du gaz de schiste,
en multipliant les coups de pouce à lui donner.
Il a accordé 27 licences d’exploration nouvelles, essentiel-
lement dans le nord de l’Angleterre, sur 2 700 kilomètres
carrés et 132 autres licences sont à l’étude.
Indépendamment des risques que présente pour l’envi-
ronnement la fracturation hydraulique employée, l’utili-
sation des hydrocarbures, s’il y a découverte, contribuera
au réchauffement atmosphérique.
On peut dire la même chose de l’accord définitif au forage
de pétrole et de gaz donné par les Etats-Unis au géant
pétrolier Shell en Alaska, pour que commencent les pre-
miers forages exploratoires dans l’océan Arctique.
Il faut croire que le monde est assis sur d’immenses ri-
chesses minières, mais a du mal à admettre qu’elles sont
devenues inexploitables à cause des GES dégagés par leur
consommation.