RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 19 - Numéro 413 du 4 septembre 2015
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Point de vue
négligeables : baisse de la concentration, de la mémoire,
augmentation de l’appétit, de l’émotivité… et du risque
d’accident.
Le métabolisme explique également certaines pertes de
vigilance. Le rythme circadien de l’être humain, soit son
horloge biologique, fonctionne en effet sur des cycles de
24 heures environ.
Ces cycles comportent des points creux, entre minuit et
6 heures du matin et, dans une moindre mesure, entre
13h et 15h, durant lesquels le métabolisme ralentit et la
vigilance diminue.
D’autres facteurs aggravants peuvent être cités, tels que
la prise de médicaments ou substances psychoactifs,
certaines pathologies telles que l’apnée du sommeil ou
la narcolepsie.
De mauvaises habitudes qui renforcent l’hypovigilance
Quand la fatigue s’installe, il ne suffit pas toujours de
respecter la réglementation européenne sur les temps
de conduite et de repos pour récupérer.
Et si le plus judicieux reste de faire une pause, le
transporteur devra toujours composer avec des délais à
respecter, des clients à livrer et des patrons à satisfaire.
C’est alors bien souvent un cercle vicieux qui s’enclenche,
le conducteur adoptant un rituel pour se maintenir
éveillé qui s’avère parfois plus néfaste qu’efficace.
Boire du café, par exemple, en fait partie.
Si les effets de la caféine sur la vigilance sont prouvés, il
ne faut pas non plus oublier qu’en excès elle peut rendre
irrationnel et irritable, et être un facteur important
d’insomnies.
Le grignotage est un autre réflexe.
Outre les risques de surpoids et les problèmes de santé
liés, il engendre également une fatigue de l’organisme
par une digestion permanente, provoquant chute de
l’attention, faiblesse, ou encore une détérioration du
système immunitaire.
Gestion de la fatigue par la gestion des risques
Les temps de conduite, de pause et de repos des
conducteurs de véhicules de plus de 3,5 tonnes et de
plus de 9 places sont définis dans le règlement social
européen.
Les respecter, c’est bien.
Considérer qu’il s’agit de limites maximales à ne pas
dépasser et non pas de limites à atteindre, c’est encore
mieux.
De plus, la gestion de la fatigue ne peut reposer que sur
ces simples directives.
Il convient d’être sensible à des critères plus généraux,
comme le rythme psychophysiologique des conducteurs
ou leurs besoins personnels.
C’est pourquoi la gestion de la fatigue doit être considérée
comme une composante à part entière de la gestion des
risques en entreprise.
Et bénéficier du même traitement : évaluation des
risques liés à la fatigue, par l’analyse des données
disponibles, l’échange avec les conducteurs, etc. ;
introduction de mesures pour réduire cette fatigue, par
une meilleure planification des horaires, des missions
et des trajets, par un suivi médical plus régulier, par un
meilleur équipement des véhicules, etc. ; diffusion des
bonnes pratiques aux salariés et aux partenaires.
L’évaluation de l’efficacité et de la performance du
programme est également nécessaire pour le faire
perdurer, car elle permet la mise enœuvre d’ajustements
et de corrections dans le temps.
C’est pourquoi tout incident ou accident de la route –
même minime – doit être analysé, pour déterminer s’il
est lié ou non à la fatigue.
Ce qui permettra aux gestionnaires des risques et des
flottes d’identifier les trajets, les missions ou les procédés
qui génèrent de la fatigue, et ainsi améliorer en continu
les pratiques pour la limiter.