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page 26 - Numéro 411 du 10 juillet 2015
Point de vue
La monoculture du palmier à huile
menace la biodiversité
L
’attention actuelle sur les pro-
blèmes liés à la plantation des
palmiers à huile est due au dé-
bat ouvert par Ségolène Royale au
sujet du Nutella, une pâte à tartiner,
qui ne méritait pas une telle publi-
cité.
Pour les tenants de la défense de
la biodiversité, l’exploitation inten-
sive de l’huile de palme détruit la
biodiversité et met en péril la flore
et la faune sauvage, dont le résultat
le plus visible est la disparition des
grands singes, qui perdent progres-
sivement leur habitat dans la forêt
tropicale, sacrifiée à la culture des
palmiers à huile, en Asie et mainte-
nant aussi en Afrique.
Convertir une forêt tropicale en monoculture industrielle,
qu’elle soit, est un fléau écologique.
Des études menées en Malaisie, un pays d’élection de la
culture des palmiers à huile estiment que la conversion
de 50 hectares de forêt en monoculture de palmiers à
huile entraîne la perte de 820 espèces d’arbres, mais éga-
lement une réduction de 80 % à 90 % du nombre d’es-
pèces d’oiseaux, de papillons et de mammifères.
RSPO, la seule certification qui existe aujourd’hui, auto-
rise l’établissement de plantations de palmiers en mo-
noculture après la coupe de tourbières ou des forêts en
régénération.
Alors que les forêts « primaires » n’existent pratiquement
plus, les forêts en régénération sont devenues des re-
fuges pour la biodiversité.
La demande toujours croissante en huile de palme de la
part des pays émergents, mais aussi de l’Europe souligne
l’urgence de l’application de mesures plus strictes.
Désormais, les grandes firmes s’implantent en Afrique, au
risque d’y transplanter le modèle de production qui s’est
développé en Asie.
Un groupement d’une douzaine d’industriels réunis dans
l’Alliance pour une huile de palme durable promet de dé-
passer les standards actuels RSPO, en promettant de res-
pecter l’environnement et les droits des communautés
locales.
Ces intentions louables sont présentées dans des chartes
que chaque société s’engage individuellement à respec-
ter, avec l’aide de divers organismes et ONG impliqué dans
la protection de l’environnement, mais que personne ne
contrôlera avant longtemps.
Cependant, pour planter de plus en plus de palmiers
à huile, il faudra bien continuer à défricher des forêts
vierges, maintenant aussi en Afrique et d’en éliminer, la
faune et la flore qui y ont établi, depuis toujours, leur ha-
bitat et qui assurent la biodiversité.
Tant que l’huile de palme ne sert qu’à produire du Nutella
et entre, d’une manière générale dans l’alimentation et
dans les cosmétiques, rien ne permet de s’opposer à son
utilisation, mais il n’en serait pas de même, s’il s’agissait
de son utilisation pour produire des agrocarburants.