RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 31 - Numéro 411 du 10 juillet 2015
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Reportage
n’est pas à la hauteur du préjudice, émotionnel, subi. Là
encore certains justifient de confirmer que « les assureurs
sont des voleurs ».
Dans un monde où l’innovation peut apparaître comme
une source de perturbation, voire de rupture, l’assurance
ne peut pas rester en dehors du flot, d’autant que son
apport peut justement participer à la stabilisation des
perturbations, à la réparation des ruptures. Il faut que
l’assurance devienne un attribut de la qualité des biens et
services, comme le rempart ultime de la résilience, quand
les autres méthodes de réduction des risques ont failli, ou
comme apport financier pour la mise en œuvre des plans
de continuité, ou des redéveloppements stratégiques. Le
mouvement est en marche puisqu’on a vu la concurrence
sur les véhicules, les photocopieurs, les équipements
électroménagers, se déporter su prix à la garantie, dans
l’étendue et dans le temps. Mais combien est-ce encore
plus vraie pour les milléniaux qui cherchent à acheter
le service plutôt que le bien, il n’est que de penser aux
vélos ou aux automobiles dans les villes… Encore faut-
il leur démontrer comment l’assurance leur apporte la
continuité de service à court terme, et la continuité de
revenus à long terme.
Assurance et innovation : où en est-on ?
Une enquête récente de PwC auprès des dirigeants de
l’assurance met en lumière la rapidité des changements
que subit actuellement l’industrie et dont le rythme
devrait se maintenir voire s’accélérer dans les années qui
viennent. De cette enquête, PwC a tiré un document dont
le titre dit tout « nécessité est mère de la réinvention » :
c’est une projection à la fin de la décennie qui souligne la
nécessité de prendre en compte la révolution dementalité
des consommateurs, avec l’irruption en nombre des
milléniaux, et l’impact des nouvelles technologies sur les
modèles et sur les canaux de distribution.
De fait 60% des patrons de l’assurance voient plus
d’opportunités devant eux qu’il y a trois ans, parallèlement
la même proportion voit plus de menaces. La génération
en place saura-t-elle lancer les chantiers de rénovation
qui s’imposent ?
Lors du panel de la réassurance le patron de XL soulignait :
« Les sociétés spécialisées sont aujourd’hui très prisée,
sans doute en grande partie parce que plus elles sont
spécialisées, et plus elles doivent s’impliquer dans
l’innovation. Avec la mise en cause de notre pertinence
et le coût très élevé du capital, la seule arme dont nous
disposons pour réagir est l’innovation. C’est pour cela
que dans les années proches l’industrie va connaître un
pas accéléré d’innovation. »
Mais, quelle est la réalité sur le terrain ? C’est une autre
enquête qui apporte des réponses, celle-là organisée
par KPMG. L’enquête a touché 280 dirigeants de
l’assurance dans 20 pays et près de la moitié d’entre eux
(45%) admettent ne pas avoir formalisé une stratégie
d’innovation. Dans un rapport diffusé à l’occasion du
Forum sur les partenariats public/privé, les auteurs
reconnaissent le rôle que les assureurs peuvent jouer
en participant à la recherche de solutions pour les défis
globaux auxquels le monde est confronté actuellement.
C’est une situation préoccupante alors même que tous
les indicateurs montrent l’urgente nécessité pour les
assureurs d’innover.
Le même rapport de KPMG suggère que les assureurs
accroissent leur participation à des partenariats avec des
organisations non traditionnellement impliquées dans le
secteur, y compris les acteurs publics dans des domaines
qui représentent de réelles opportunités comme le
financement à long terme des opérations de réduction
des risques d’inondation. Mais les assureurs ont toujours
été plus à l’aise dans la modélisation du passé que dans le
déchiffrage de l’avenir d’où leur difficulté à se réinventer
et à pratiquer l’innovation.
Pour illustrer le propos, Gay Reader, à la tête de l’assurance
au niveau global chez KPMG International précise que :
« On constate déjà un mouvement chez les principaux
leaders de l’assurance au niveau mondial pour créer des
partenariats avec des organismes publics et des ONG. Et
ces initiatives ont l’innovation dans leur ADN et capitalise
donc sur ces opportunités. »
La société connectée bouleverse-t-elle
l’échiquier ?
La société en réseau, où tout est digital, en ligne et de
plus en plus connecté, va avoir un impact considérable
sur l’industrie de l’Assurance. C’est le responsable de
la sécurité sur le cloud d’Ericsson qui se penche sur ce
défi en proposant des solutions développées par son
employeur pour l’intégrité des systèmes et des données.
M. Stefan Jung insiste sur tout ce qui bouge sur le net,
les trains, les avions, les automobiles, et même notre
santé et le futur de nos entreprises. Ericsson pense
que l’industrie de l’assurance a besoin d’une solution
entièrement nouvelle pour gérer le risque en temps réel,
en s’appuyant sur les dernières avancées de la technologie
des « blockchains
1
». Pour l’industrie de l’assurance ce
peut être un accélérateur de créations de nouveaux
produits dans de nouveaux domaines, de contrôle des
risques sous-jacents et de construire les fondations de la
prochaine génération de croissance digitale.
1
La « blockchain » est une base de données transaction-
nelle partagée par tous les nœuds qui participent à un système repo-
sant sur le protocole Bitcoin.