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page 20 - Numéro 411 du 10 juillet 2015
Point de vue
Les forces de l’ordre engagent la lutte
contre la drogue au volant
A
lors qu’en 2014, 13,5 %
des conducteurs impliqués
dans un accident mortel
avaient consommés des stupé-
fiants, contre 12 % en 2012, on
peut se demander combien d’au-
tomobilistes conduisent sous
l’emprise de drogues et notam-
ment de cannabis.
Sous l’effet du cannabis, le
conducteur perd ses moyens,
explique Jean-Pascal Assailly,
chercheur à l’Institut français
des sciences et technologies du
transport.
Sa vision périphérique est trou-
blée et devient, dit-il, une vi-
sion en tunnel, sa capacité de
contrôle d’une trajectoire est amoindrie et le temps de
réaction est allongé.
Le danger vient, à la différence de celui qui a bu, qu’avec
le cannabis, le consommateur croit que son comporte-
ment n’a pas changé, ce qui le rend particulièrement dan-
gereux.
Le pire est de mélanger alcool et cannabis, ce qui est sou-
vent les cas lors d’une sortie nocturne et il faut absolu-
ment empêcher celui qui a bu et qui a fumé un joint de
prendre le volant.
Jusqu’à présent, la difficulté pour les forces de l’ordre
était de détecter les conducteurs en infraction, sauf en
cas d’accident, or un test salivaire, en deux temps, va être
mis en place.
Le nouveau test salivaire détecte le cannabis, la cocaïne,
l’héroïne et les amphétamines et sera utilisé par les forces
de l’ordre, sous la forme d’un premier test salivaire, prati-
qué au bord de la route.
S’il s’avère positif, il sera suivi, dans la foulée et pour
confirmation, d’une phase de dépistage complémentaire,
avec un second prélèvement salivaire, envoyé, en labora-
toire pour analyse.
Dans les jours qui suivent, le conducteur contrôlé positif,
recevra par courrier les résultats du dépistage, avec une
convocation devant le tribunal en cas de contrôle positif
confirmé.
Ceci ne veut pas dire qu’il pourra reprendre, sur le champ
le volant, car les forces de l’ordre conservent le recours
du test de comportement, qui leur a permis de détecter
visuellement le conducteur sous l’emprise de la drogue.
Une sorte de pré-sélection pour cibler les conducteurs à
contrôler.
Il s’agit d’une méthode utilisée en Allemagne, le test dit de
Romberg, basé sur des exercices d’équilibre, l’examen des
pupilles, la pâleur du visage ou encore le tremblement
des mains, qui justifient le placement du conducteur en
cellule de dégrisement, avant de lui laisser reprendre le
volant.
Comme pour la conduite sous l’emprise de l’alcool, la
tranche d’âge la plus exposée est celle des 18 à 24 ans.