RiskAssur-hebdo
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page 32 - Numéro 411 du 10 juillet 2015
Reportage
Ce n’est pas une nouvelle que de rappeler que les acteurs
économiques et publics, et l’ensemble des citoyens
dépendent de plus en plus de systèmes informatiques
et d’infrastructures critiques. L’économie globale du
vingt et unième siècle repose sur un solide réseau de
communications. Dans ce contexte, Ericsson imagine
que le réseau traditionnel Telco va jouer un rôle croissant
et il est impératif que toutes les parties prenantes aient
confiance dans la résilience, la fiabilité des réseaux, et la
sécurité de l’information qu’ils transportent.
Encore faut-il définir ce que l’on entend par sécurité dans
ce contexte. C’est l’ensemble des activités nécessaires
pour prévoir, détecter, et contrer les menaces sur
la disponibilité, l’intégrité et la confidentialité des
informations et actifs clés d’un organisme ; en particulier
les données qui circulent sur les réseaux. Or, nous sommes
confrontés à une croissance exponentielle de la somme de
données et des informations qui doivent être protégées.
Dans le même temps, une harmonisation progressive se
produit dans les réseaux Telco, et avec l’évènement du 5G
les trafics vont se multiplier. La dépendance de l’activité
économique de ces réseaux est elle aussi de plus en plus
étroite, non seulement pour l’automation des entreprises,
mais également dans la vie quotidienne des citoyens.
Les entreprises de plus enplus connectées et dépendantes
de l’informatique sont à juste titre de plus en plus
préoccupées de la survenance de cyber-attaques et de
destructions. Bien entendu, sur cette inquiétude se greffe
la problématique supplémentaire de responsabilités
civiles. Imaginons que l’informatique d’une voiture soit
pénétrée par un agent hostile et provoque un accident.
Qui est responsable ? Le constructeur automobile, le
concepteur du logiciel, le fournisseur, l’entretien ou le
conducteur ? C’est l’un des défis auxquels sont confrontés
les assureurs aujourd’hui : comment développer et
tarifer les couvertures d’assurances, offrir les capacités
nécessaires ? Dans l’état actuel du marché, la croissance
des entreprises peut être ralentie par l’absence de
réponses satisfaisantes. Il faut que l’assurance non
seulement trouvent des solutions financières mais
également contribue à la réduction effective de ces
menaces.
Etant donné sa position de leader dans les infrastructures
de télécommunication, Ericsson prend la situation
très au sérieux et a pris la décision d’investir dans un
partenariat avec Guardtime pour proposer un service
pour signer et vérifier l’intégrité des données et systèmes
(prouver l’authenticité, heure de création, identification
de l’homme ou de la machine publié sur un répertoire
public, une « blockchain »). La chaine apportera les
preuves qui rendront superfétatoire la confiance dans les
tiers. De plus les efforts pour « réécrire l’histoire » seront
immédiatement repérés.
La révélation en temps réel des cyber-attaques permettra
aux acteurs de mettre en œuvre immédiatement les
contre-mesures de protection. Si les cyber-attaques
deviennent gérables, alors les assureurs et les auditeurs
pourront proposer des produits dès lors que le temps
de réponse passerait de 205 jours à quelques secondes.
Les montants des pertes induites par d’éventuelles
discontinuités deviennent beaucoup plus raisonnables.
La renaissance de l’assurance est-elle à
portée de main ?
Il y a trois ans à Rio Mike Mc Gavick, PDG du groupe
XL, avait secoué l’assistance en évoquant la fin de
l’assurance et il est revenu à New-York avec un message
d’espoir puisqu’il voir une renaissance à l’horizon pour
autant que les dirigeants sachent saisir les opportunités
qui se présentent ce qui suppose de relever quatre
défis :
*
Renaissance de la souscription
:
Faisant écho au do-
cument de PwC, Mike souligne qu’il est temps que
l’industrie redécouvre la nécessité de disposer de
compétences solides en matière de souscription.
En effet, lorsque les taux d’intérêt tombent au ni-
veau qu’ils ont atteint alors les produits financiers ne
peuvent plus compenser les erreurs de souscription.
Donc les assureurs dégageront des marges si, et seu-
lement si, ils peuvent s’appuyer sur un pool de com-
pétences nouvelles renforcer par des modèles mais
aussi capables de comprendre les besoins des clients
et de les accompagner dans le développement de vé-
ritables stratégies de financement de leurs risques.
L’efficacité économique de l’industrie, et sa raison
d’être, est en effet de créer des pools et des méca-
nismes de transfert des risques pour enhardir les ac-
teurs, c’est précisément la mission fondamentale de
la souscription.
*
Renaissance de l’actuariat, au travers de l’analytics
:
L’industrie doit trouver de nouvelles approches pour
penser risques. C’est ainsi qu’elle pourra s’ouvrir des
horizons nouveaux au travers d’activités assurables.
Ces domaines comprennent le cybermonde mais aus-
si des secteurs entiers de l’économie qui n’étaient pas
considérés comme « assurables » du fait du manque
de données historiques sur lesquelles construire des
modèles pour calculer les niveaux de risques et de
cotisations d’équilibre. Avec l’analytics les actuaires
trouvent une nouvelle ressource pour se projeter
dans l’avenir même en l’absence de « statistiques
passées »