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page 38 - Numéro 342 du 24 janvier 2014
Point de vue
Le cannabis à usage médical présente
les risques de dépendance de toute drogue
L
’Académie de médecine rappelle le risque
de dépendance au cannabis, à l’occasion
de l’autorisation de mise sur le marché
du Sativex réputé être un puissant antidou-
leur, déjà disponible dans un certain nombre
de pays et attendu avec impatience par bon
nombre de patients en France.
Selon l’Académie de médecine, les risques que
fait courir le THC, l’un des principaux actifs du
cannabis, sont très nombreux, souvent graves
et incompatibles avec un usage thérapeutique.
L’Académie évoque notamment des effets
psychiques, estimant que le THC est un agent
toxicomanogène générateur d’une dépen-
dance psychique et physique.
C’est sa capacité à se stocker dans l’organisme
qui inquiète, en mettant après consommation, près de
huit semaines à disparaitre du corps, en prolongeant ainsi
la période de dépendance d’autant.
De plus, l’Académie de médecine considère que l’effet
analgésique visé par le Sativex est de puissance moyenne,
nettement inférieur à celle des analgésiques opiacés ac-
tuellement disponible.
Cependant, on sait que l’effet d’un traitement, surtout
d’un antidouleur, dépend souvent, plus de l’effet que le
patient lui donne, que de son effet réel, par l’effet du prin-
cipe placébo que l’on peut constater ici.
Cela fait parti des mystères de la médecine.
Ainsi, à force de mettre en avant les usages thérapeu-
tiques du cannabis ou de ses dérivés, on en oublierait
presque qu’il s’agit d’une drogue avec des effets délétères
sur la santé, ce que l’Académie de médecins s’est efforcée
de rappeler.
Au même moment, les partisans de la dépénalisation de
la consommation de cannabis se demandent comment
une substance aux vertus thérapeutiques pourrait être
nocive pour la santé, alors que pour la médecine, le can-
nabis est un faux médicament, tout en étant une véritable
drogue.
Faux médicament peut-être, mais vrai drogue surement,
en raison de l’addiction qu’elle provoque et d’autres effets
néfastes identifiés.
Les études montrent que le risque s’accroit avec les doses
consommées et qu’il est le plus sensible chez les plus
jeunes consommateurs.
Au-delà des effets agréables, même chez une personne
parfaitement équilibrée sur le plan psychologique, la
consommation de cannabis peut d’emblée entraîner
une désorientation, des hallucinations, des idées para-
noïaques, une crise de panique ou des angoisses pro-
fondes, ce dont personne aime se venter.
Indépendamment des risques d’accidents de santé, pour
un conducteur, le fait de conduire une voilure, sous l’em-
prise du cannabis, le risque d’accident grave, voire mor-
tel, est doublé.
Le bon et seul conseil à donner est de ne jamais toucher
au cannabis, qui est une fausse drogue douce.