page 16 - Numéro 321 du 19 juillet 2013
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Point de vue
Premières mises en vente
de médicaments sans ordonnance
sur Internet
L
'offre des médicaments vendus
sans ordonnance sur Internet
est autorisée depuis le 12 juillet.
Pour éviter la mise sur Internet de con-
trefaçons, chaque site de vente doit
être le prolongement virtuel d'une
pharmacie réelle, conformément à l'ar-
rêté ministériel paru au Journal officiel
le 23 juin dernier.
Les sites autorisés figureront sur une
liste établie par l'Ordre national des
pharmaciens, sous le contrôle du minis-
tère de la Santé.
Les médicaments doivent être présen-
tés de façon objective, claire et non
trompeuse avec pour seules mentions
autorisées le nom commercial, la ou les
indications thérapeutiques, la présenta-
tion physique du médicament, sachets,
comprimés, gélules ou autres, le
nombre d'unités et le prix.
Les notices d'accompagnement usuelles
doivent pouvoir être imprimées sur le
site.
Les sites de vente doivent rester indé-
pendants de l'industrie pharmaceu-
tiques, sans liens ni subventions de sa
part, ce qui exclut toute possibilité de
publicité de leur part.
Le pharmacien diplômé assure person-
nellement, sous sa responsabilité, la
délivrance et la préparation des com-
mandes et ne peut le faire qu'au sein de
son officine dans un espace adapté à
cet effet.
Cette obligation exclut toute possibilité
d'appel à un service de logistique en
charge du stockage, de la préparation et
de l'expédition des commandes, comme
cela se pratique couramment dans tout
autre domaine commercial.
Le site pourra proposer les produits
hygiène les compléments alimentaires
et tout autre produit de santé relevant
de la parapharmacie, qui occupent sou-
vent un espace important dans les offi-
cines des pharmaciens, en présentant
une partie notable de leur chiffre
d'affaires, voire de leur de rentabilité.
La livraison des produits commandés
pourra se faire à domicile par la poste,
voir par retrait à la pharmacie ou dans
centre de retrait, comme il en existe de
plus en plus.
La livraison par la poste a soulevé deux
sortes d'objections, la première porte
sur l'absence d'accompagnement et de
contact avec le pharmacien, qui permet
d'éviter des erreurs ou de surconsom-
mation.
Cet argument tombe devant la possibi-
lité des clients de venir s'approvision-
ner dans les officines, comme par le
passé.
La seconde objection a trait aux frais
de livraison, que les sites pourront fac-
turer ou non aux clients, en instaurant
notamment la gratuite à partir d'un
certain montant d'achats.
Rappelons que l'objectif de la vente en
ligne est d'aviver la concurrence, qui
fait actuellement défaut.
C'est dans ce même but, que l'autorité
de la concurrence étudie la possibilité
d'autoriser la vente des médicats déli-
vrés sans ordonnance, dans les grandes
surfaces, comme demande de longue
date par certains en sachant que le
gouvernement vient d'opposer un net
refus à cette possibilité.