RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 27 - Numéro 425 du 27 novembre 2015
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Point de vue
Un rapport de chercheurs américains
situe le risque de montée des océans
J
usqu’à présent, les experts ont
été plutôt prudents et imprécis
sur le sujet, car à la fonte des
glaciers et des calottes de l’Arc-
tique et de l’Antarctique s’ajoutent
la dilatation de l’eau, sous l’effet
de la chaleur et, compte tenu de
la configuration des zones cô-
tières, ils ne voulaient pas prendre
le risque de tomber, dans un sens
ou dans l’autre, sur un sujet aussi
grave, à côté de la réalité.
Cependant, une équipe améri-
caine a pris la responsabilité de
publier une étude de l’Institut de
recherche Climate central, en éta-
blissant un rapport qui détaille le
risque de montée des océans en
fonction de la hausse des tempé-
ratures, à quelques semaines de la
COP 21, pour éclairer les débats.
Ce rapport mentionne l’élévation de la mer en fonction
de la hausse des températures, des pays et des grandes
villes les plus touchées et l’importance de la population
atteinte.
Il donne raison à l’objectif maximum de + 1,5 degré récla-
mé par les petits Etats insulaires du Pacifique, alors que
nous sommes déjà à + 1 degré.
Avec + 1,5 degré, l’élévation moyenne reste à 2,9 mètres
et toucherait 137 millions d’habitants.
Jusqu’à + 2 degrés, l’objectif à terme des conférences des
Nations Unies, dont la COP 21 de cette année, le niveau
des océans continuera de s’élever de 3 à 6,3 mètres, pour
couvrir des territoires aujourd’hui peuplés de 280 mil-
lions d’habitants.
Avec un réchauffement de + 3 degrés, les océans mon-
teraient de 6,4 mètres et 400 millions de personnes se-
raient concernées et à +4 degrés, la montée des eaux se-
rait de 8,9 mètres et concernerait, à terme, plus de 600
millions d’habitants.
Les chercheurs ignorent la vitesse à laquelle les océans
vont monter, deux cents ou deux mille ans, c’est difficile à
dire, souligne l’étude.
Même un réchauffement de 2 degrés représente une
menace pour l’existence, à long terme, de nombreuses
grandes villes et région côtières, souligné Ben Strauss,
l’un des auteurs de l’étude.
Les pays particulièrement affectés se situent en Asie,
mais il y a aussi les Etats-Unis et, en Europe, les Pays-Bas.
Parmi les villes, il faut citer Hongkong, Calcutta, Dacca, Ja-
karta, Shanghai, Bombay, Hanoï, Rio, Buenos Aires, New
York et Tokyo, qui devront se protéger, dans la mesure du
possible, par des digues.
Les océans ne monteront pas brutalement, mais progres-
sivement et les décisions qui seront prises à la COP 21 af-
fecteront, à terme la frontière globale entre terre et mer.