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page 26 - Numéro 425 du 27 novembre 2015
Point de vue
Pour la Banque mondiale
changement climatique et pauvreté sont liés
D
ans un rapport publié le 8
novembre, la Banque mon-
diale rappelle aux Etats le
caractère indissociable de la lutte
contre le réchauffement de la pla-
nète et du combat contre la pau-
vreté.
La Banque mondiale s’est appuyée
pour son analyse sur une enquête
réalisée auprès des familles dans
92 pays en développement, par
une équipe dirigée par l’un de ses
économistes, Stéphane Hallegat-
tie.
Le patrimoine de cette frange de la
population, qui se résume souvent
à du bétail et où à leur logement
est extrêmement vulnérable, en
étant exposé directement à tout événement climatique
et peut être détruit au premier choc, généralement sans
assurance et sans compensation.
Ces familles dépendent majoritairement de revenus agri-
coles et subissent l’impact de la mauvaise récolte ou de la
hausse des prix alimentaires induite par la sécheresse, en
étant les premières touchées par les maladies favorisées
ou aggravées par le changement climatique.
Cette frange de la population n’a pas les moyens d’amor-
tir les chocs et la Banque mondiale appelle à un renforce-
ment des systèmes de protection sociale, qui lors d’une
catastrophe peut faire office d’assurance auprès des mé-
nages les plus vulnérables.
Pour Stephan Hallegatie, en cas de choc, il est plus facile
d’étendre ou de renforcer un système de protection so-
ciale préexistant pour accompagner les populations les
plus affectées, que de créer un système de toutes pièces.
Il affirme que le renforcement de la protection sociale des
plus démunis, tout comme le développement de la poli-
tique de développement, notamment agricole, atténuant
la vulnérabilité face au changement climatique et béné-
ficiant aux plus pauvres, va de pair avec une offensive
contre les émissions de gaz à effet de serre.
A cet égard, les politiques climatiques peuvent, en soi,
constituer un levier de ressources pour financer les pro-
grammes de protection sociale ou de développement.
Les fonds dédiés au climat doivent contribuer à la réduc-
tion de la pauvreté, alors que le déficit de financement
des infrastructures dans les pays en développement
s’élève, selon les estimations de la Banque mondiale, à
quelque 1 000 milliards de dollars.
Cette somme est à comparer aux 100 milliards de dollars
promis en 2009 à Copenhague, par les pays développés
pour aider les pays en développement et la maîtrise de
la pauvreté des pays pauvres à faire face au dérèglement
climatique.
Ceci prouve que les deux problèmes, la lutte contre le dé-
règlement climatique et la maîtrise pauvreté sont indisso-
ciables et alimenteront les débats qui se dérouleront à la
COP 21, à partir du 30 novembre à Paris, sans proposition
de solution.