RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 23 - Numéro 425 du 27 novembre 2015
Abonnement gratuit sur
Commentaire
De plus, les assureurs, en devant acheter, en
contrepartie des fonds reçus des épargnants sur
des contrats à capital garanti, des obligations
d’Etat, risquent à coup sûr d’avoir à inscrire un jour,
dans leur compte des moins-values, à la moindre
hausse de taux.
Depuis le début de l’année, la collecte nette après
prise en compte de retraits s’élève à 18,4 milliards
d’euros à fin septembre, selon les derniers chiffres
de la FFSA, dont toutefois 20 % se sont dirigés sur
des supports en unité de compte, exposés aux
risques de la bourse, sans garantie des assureurs,
mais qui bénéficient du régime de l’assurance vie,
tout en permettant de spéculer en bourse.
En effet, au-delà de huit ans, les plus-values sont
taxées à 7,5 % avec une franchise annuelle de 4
600 euros pour une personne seule et du double,
soit de 9 200 euros pour un couple, ce qui permet
de se constituer un complément de revenu pour la
retraite.
Côté transmission par suite de décès, il n’y a pas
de droits de succession jusqu’à 152 600 euros et
au-delà la taxe est de 20 %, puis elle passe à 37,4 %
pour la partie dépassant 700 000 euros.
Le passage de la collecte sur des contrats en uni-
tés de compte est tout bénéfice pour les assureurs
car, en étant exonérés de la garantie du capital,
leur obligation d’alimenter sur fonds propres leur
réserve de garantie tombe de 4 % à 1,40 %.
De plus, ils peuvent facturer aux assurés des frais
d’arbitrage, en cas de changement des supports
des placements, tout en orientant les assurés
vers des fonds de placement de leurs partenaires
banquiers, appartenant souvent au même groupe
qu’eux.
Comme on le voit, l’assurance-vie n’est pas une ac-
tivité sans risques, mais avec 1 592 milliards d’eu-
ros d’encours à gérer fin 2014, elle demeure une
activité fructueuse pour les banquiers et les assu-
reurs.
L’assurance vie représente 37,4 % du patrimoine fi-
nancier des Français, d’où l’importance de conser-
ver ce secteur en bonne santé te justifie les recom-
mandations du gouverneur de la Banque de France,
bien que les sommes distribuées en trop selon lui,
ne sortent pas des comptes des assureurs.
conformes au Code des assurances. Réalisation : comonblue.com.