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page 20 - Numéro 425 du 27 novembre 2015
Point de vue
L’accident de TGV en Alsace ne met pas
en cause la sécurité de la ligne grande vitesse
U
ne rame d’essai TGV
roulant sur le dernier
tronçon du TGV Est,
entre Saverne et Strasbourg a
déraillé le 14 novembre.
Ce tronçon devrait être mis en
service en avril 2016, reliant
Paris à Strasbourg, à grande
vitesse.
La rame roulait à 265 km/h à
l’entrée d’une courbe qu’elle
devait aborder, selon les
consignes, à 176 km/h.
La direction de la SNCF a décla-
ré dès le 19 novembre qu’un
freinage tardif est à l’origine
de l’accident, qui a coûté la vie
à 11 personnes et fait 42 blessés.
Selon la lettre professionnelle « Mobilettre » c’est la pré-
sence de 6 à 7 personnes dans la cabine de conduite, au
lieu de 3 habituellement en phase de test, qui aurait pu
déconcerter le conducteur et expliquer le non-respect de
la limite de vitesse, en abordant la courbe, qui lui a été
fatale.
L’enquête devra éclairer les raisons de la présence en ca-
bine de conduite de 7 personnes mais aussi la présence
d’enfants à bord de la rame d’essai, révélée à l’occasion
de l’accident et qui n’avaient rien à faire dans une rame
d’essai.
Pour la SNCF, ce nouvel accident pose avec plus d’acuité la
question de la sécurité ferroviaire et même sur les lignes
TGV, qui sont aujourd’hui le fleuron de cette entreprise
publique.
En effet, la sécurité ferroviaire a été pris en défaut à plu-
sieurs fois depuis trois ans et notamment en juillet 2013
lors du déraillement de l’Intercité Paris-Limoges à Bréti-
gny sur Orges, qui avait fait 7 tués et 61 blessés, fauchés
sur le quai de la gare.
Depuis cet accident, la sécurité a été érigée en priorité
absolue à tous les niveaux de l’entreprise, alors qu’elle
vient, une nouvelle fois, être prise en défaut.
Les syndicats ne se privent pas de dénoncer cette situa-
tion et l’un d’eux accuse la direction de « jouer à la rou-
lette russe la sécurité ».
Pour la direction de la SNCF, ce dernier accident intervient
au plus mauvais moment où elle est censée se remobili-
ser sur les questions de sécurité.
Elle avait lancé le plan Vigirail, doté de 420 millions d’eu-
ros, visant à moderniser sa politique de maintenance des
infrastructures.
L’accident qui vient de se produire en Alsace n’a rien à voir
avec l’entretien ou le renouvellement des infrastructures,
il est d’une toute autre nature, en étant lié à des compor-
tements humains.
Selon Mobilettre, c’est la question des sanctions, qui se
pose désormais au secrétaire d’Etat aux transports.