n°422 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 6 novembre 2015 - page 31

RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 31 - Numéro 422 du 6 novembre 2015
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Point de vue
La médecine générale devenue une spécialité
n’est pas prisée par les étudiants
E
n dix ans, du fait de la
hausse
du
numerus
clausus qui ouvre l’accès
aux études de médecines, le
nombre de postes d’internes
a plus que doublé, passant de
près de 4 000 à 8 200.
Les internes, on les retrouve
aux épreuves du classe-
ment national, les ECN qui
conduisent au choix de leur
spécialité.
Selon une étude de la Di-
rection de la recherche, des
études, de l’évaluation et des
statistiques, la Drees, la méde-
cine générale, qui est la spé-
cialité la plus largement pro-
posée est la moins attractive
auprès des étudiants, au moment de choisir leur internat.
Le problème, selon Sébastien Foucher, le président de
l’Association nationale des étudiants en médecine de
France, I’Anemf, est que les capacités de formation n’ont
pas augmenté en conséquence.
L’encadrement des stagiaires et des internes par les mé-
decins seniors est moins bon qu’avant et c’est particuliè-
rement flagrant en médecine générale, avec des consé-
quences sur l’âge d’installation.
Le délai peut atteindre cinq à six ans, alors que les études
sont déjà longues.
L’étude de la Drees établit un indicateur d’attractivité, qui
s’appuie à la fois sur les demandes des étudiants et leur
classement, les mieux classés ayant plus de chances d’ob-
tenir la formation souhaitée.
Il n’y a pas de corrélation directe avec la rémunération, le
choix se fait surtout en fonction de l’intérêt pour les dis-
ciples, estime le président de l’Anemf, nous lui en laissons
bien volontiers la responsabilité.
Cependant, il est vrai que certaines spécialités, très pri-
sées comme l’oncologie s’exercent exclusivement à l’hô-
pital, pour des gains bien moindres que d’autres spéciali-
tés de médecine de ville.
Hommes et femmes se distinguent pour le choix de la
médecine générale, en 2014, 14 % des femmes ayant le
choix entre toutes les spécialités ont opté pour la méde-
cine générale, contre 12 % en 2013, tandis que ce taux
passait de 6 % et à 5 % seulement chez les hommes.
Pour Sébastien Foucher, la féminisation de la médecine
générale s’explique par le développement de l’exercice en
structure de groupe, qui permet à un praticien d’adresser
ses patients, en cas de besoin, à un confrère, pour éviter
des journées trop longues et de s’autoriser à prendre des
congés.
C’est l’occasion de signaler le bon fonctionnement des
contrats d’engagement de service public, qui ont permis
de pourvoir, en 2014, 136 postes de généralistes dans des
déserts médicaux.
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