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page 32 - Numéro 422 du 6 novembre 2015
Point de vue
EDF compte maintenir son parc nucléaire
à son niveau actuel bien au-delà de 2030
B
ien que le plan straté-
gique actuel CAP 2030,
prévoit un doublement
des capacités du groupe EDF
dans les énergies renouve-
lables en Europe, à plus de 50
gigawatts à l’horizon 2030, il
compte maintenir la puissance
installée de son parc nucléaire
actuel de 63,4 gigawatts.
Pour le PDG d’EDF, Jean-Ber-
nard Lévy, la hausse de la
consommation de courant du
fait des véhicules électriques
et des nouveaux appareils,
permettra dans le cadre de ce
plan, de respecter en même
temps l’objectif inscrit dans la
loi de transition énergétique,
de ramener de 75 % à 50 % la
part de l’électricité nucléaire en France, en 2025.
Venant devant les journalistes à l’occasion de la signa-
ture avec l’électricien chinois CGN d’un accord pour la
construction de deux réacteurs EPR au Royaume Uni, le
PDG d’EDF ne doute guère que l’Autorité de sûreté nu-
cléaire l’ASN donnera son feu vert à la prolongation à cin-
quante, voire à soixante ans, de la durée d’exploitation de
la plupart des 58 réacteurs français.
Cependant, J.B. Lévy doit aussi réfléchir à l’après, convain-
cu qu’il faudra bien les remplacer progressivement, entre
2030 et 2050, ce qui suppose une mise en chantier d’un
nouvel EPR, en plus de celui de Flamanville, dont on n’a
pas fini de parler, à cause de ses retards et d’un coût qui
est passé de 3,5 milliards à 10,5 milliards d’euros.
Bien entendu, il ne s’agira pas de perpétuer la tête de sé-
rie que devait être l’EPR de Flamanville, mais d’un EPR
nouveau modèle dont la conception est réalisée par une
équipe composée d’ingénieurs d’EDF et d’Areva.
L’EPR NM est censé être moins coûteux, et plus facile à
construire, sans sacrifier pour autant la sûreté, que pré-
sente l’EPR actuel.
Le projet du PDG d’EDF est d’installer, à partir de 2028-
2030 des EPR NM et ce par paquets de deux, en 2050-
2055, pour lui, on en aura 35 à 40, en fonction des be-
soins.
Cependant, si le prix de l’électricité ne progresse pas, EDF
ne sera pas en mesure de financer seul un programme,
qui se chiffrera, sans doute, à plus de 200 milliards d’eu-
ros, en sachant qu’elle aura à dépenser 55 milliards pour
prolonger jusqu’à 60 ans son parc actuel.
Jusqu’à présent, EDF a toujours financé à 100 %, à deux
exceptions près, Fessenheim et Chooz, ses centrales,
alors que pour l’avenir, le problème de faire avec des par-
tenaires risque de se poser, mais c’est un problème qui
relève de son actionnaire, l’Etat.
C’est la conséquence de la fin du monopole d’EDF en
2007, avec l’extinction des prix réglementés de vente
aux gros consommateurs, ce qui lui fait subir une rude
concurrence sur les prix.