RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 37 - Numéro 422 du 6 novembre 2015
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Point de vue
Pour l’ONU, limiter le réchauffement de la planète
à 2 degrés reste encore possible
D
ans un rapport publié la semaine der-
nière, en prévision de la COP 21, qui
détaille les engagements de réduc-
tion des émissions de gaz à effet de serre
de la quasi généralité des pays pollueurs,
force est de constater qu’en 2050, on sera
encore loin de la limitation à 2 degrés de la
hausse de la température moyenne jugée
acceptable.
Selon ce rapport, il faudra, dans les pro-
chaines années, obtenir des l’engagements
complémentaires sur des politiques plus vo-
lontaristes, pour limiter la montée en puis-
sance du réchauffement atmosphérique.
L’ONU insiste sur l’effort déjà accomplis, qui
permettent de rester sous le seuil des 2 de-
grés de hausse de la température, à condi-
tion de faire des réductions encore plus
importantes des émissions de gaz à effet de
serre.
En effet, selon une étude du Groupe d’experts intergou-
vernemental sur l’évolution du climat, le Giec, l’humanité
aura consommé, au rythme actuel, 75 % du « budget car-
bone », d’ici 2030.
Précisons que Le « budget carbone » correspond aux
émissions de gaz à effet de serre encore tolérables, pour
permettre à l’humanité de rester dans la norme des 2 de-
grés de réchauffement du climat sur terre.
Selon l’étude du Giec, il ne faut pas émettre, à l’avenir,
plus de 1 000 gigatonnes de CO2 pour avoir de bonnes
chances de respecter notre objectif.
Selon les projections de l’ONU, les émissions cumulées
attendront 540 gigatonnes en 2025 et 748 gigatonnes en
2030, face aux engagements climat de 148 pays, repré-
sentant 86 % des émissions mondiales.
En reprenant une estimation réalisée par le groupe Car-
bone action tracker, CAT, l’ONU estime que les engage-
ments nationaux en notre possession, ont la capacité de
limiter à 2,7 degrés l’élévation de la température, ce qui
n’est en aucun cas suffisant, selon elle.
Il en résulterait des dérèglements climatiques majeurs,
aux conséquences incalculables, a commenté Christina
niveau, la secrétaire générale de la Convention climat de
l’ONU.
Alors que la température moyenne de la planète a déjà
gagné entre 0,8 et 1 degré, selon les différentes zones et
ce depuis l’ère préindustrielle, pour Laurent Fabius, le fu-
tur président de la COP 21, le rapport de l’ONU montre
que les contributions nationales permettent de changer
la donne et nous éloigne du pire.
En effet, sans ces engagements, l’univers allait allègre-
ment vers un réchauffement de 4 à 5 degrés, en mainte-
nant inchangés ses émissions de gaz à effet de serre.
Vu sous cet angle, la COP 21 qu’il présidera sera forcé-
ment un succès.