n°422 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 6 novembre 2015 - page 21

RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 21 - Numéro 422 du 6 novembre 2015
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Point de vue
La viande dangereuse ou non pour la santé
fait partie de notre nourriture traditionnelle
E
n prenant note des commen-
taires et observations parues
dans la presse, suite à l’avis
scientifique de l’Organisation mon-
diale de la santé, l’OMS relatif au
lien entre la fréquence du cancer
colorectal et la consommation de
deux types de viande, les viandes
transformées et les viandes rouges,
nous avons retenu que la viande
faisait partie de notre nature pro-
fonde, qu’elle nous apporte de nu-
triments essentiels et que seule un
niveau excessif de sa consomma-
tion est visé.
De quoi nous rassurer.
C’est bien la quantité de viande
consommée qui est à prendre en
considération comme le montre
une étude effectuée en Argentine,
un pays qui dispose d’une vigoureuse tradition festive de
boeuf grillé.
On y a mené des études pointues sur l’impact sanitaire de
cette consommation, qui avaient simplement montré un
pourcentage de cancer du côlon un peu plus élevé, mais
sans plus, chez les gros consommateurs.
Il ne s’agit pas de nier une réalité, mais de bien la com-
prendre, en rappelant une donnée de base de la notion
de toxicité alimentaire avec un précepte simple : C’est la
dose qui fait le poison.
En effet, de nombreuses substances favorables à la santé
deviennent toxiques au-delà d’une certaine dose, c’est le
cas du vin rouge dont la consommation modérée dimi-
nuerait les maladies cardio-vasculaires, le tout étant de
définir la consommation modérée, toujours controver-
sée.
En citant l’influence de premiers 100 grammes de viande
rouge et des premiers 50 grammes de charcuterie quo-
tidiens, l’OMS a ignoré les consommateurs modérés qui
sont largement au-dessous de ces seuls.
En effet, manger 100 grammes de viande rouge par jour,
revient à manger 3 kg de viande de boeuf dans le mois et
1,5 kg de charcuterie, ce qui n’est pas à la portée, ni dans
les habitudes du commun des mortels.
Il n’est cependant pas invraisemblable que les gros
consommateurs de viande rouge grillée sur la braise et
de charcuterie soient concernés par les résultats avancés
par l’OMS, mais ils ne concernent pas les consommateurs
modérés, largement sous ces seuils.
Alors que l’homo sapiens élève depuis 10 000 ans des
animaux pour sa consommation, la croissance actuelle de
la consommation de viande arrive à contretemps, on dit
que l’élevage réchauffe la planète et que la production de
la viande accentue désormais la faim dans le monde.
Le porc et le mouton semblent aussi être touchés par
cette controverse, mais pas les volailles.
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