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page 18 - Numéro 422 du 6 novembre 2015
Point de vue
Les partenaires sociaux ont battu en brèche
le sacro-saint âge légal de départ à la retraite
A
près de longs mois de négocia-
tion, le patronat et trois syn-
dicats réformateurs ont enté-
riné un accord pour rééquilibrer les
comptes des régimes de retraite com-
plémentaire ARRCO et AGIRC, mainte-
nus à flot depuis des années, grâce à
des réserves financières accumulées
en période grasse et qui touchent à
leur fin.
Il met en place un système de bo-
nus-malus pour inciter les salariés à
décaler leur départ, une fois atteint
l’âge légal de départ à la retraite, au-
jourd’hui à 62 ans.
Une fois atteint cet âge et la durée de
cotisation requise pour une pension à
taux plein, ces salariés devront travail-
ler et cotiser un an de plus ou subir, à
leur gré, une décote de leur pension de
10 %, pendant deux ans.
C’est le malus et, côté bonus, ceux qui travailleront deux,
trois ou quatre années supplémentaires bénéficieront
d’un bonus à vie, qui existait à l’origine du régime et qui a
été supprimé entre-temps.
Ce système devrait entrer en vigueur en 2019.
Toutefois, comme il ne peut pas, à lui seule rétablir l’équi-
libre entre recettes est dépenses actuelles, ce sont les re-
traités qui feront l’appoint.
D’abord, les pensions en cours seront amputées chaque
année d’un point sous la forme d’une moindre revalorisa-
tion que l’érosion monétaire.
Cette mesure va faire mal, avec le temps, du fait de son
effet cumulatif.
Ensuite, ils feront l’avance chaque année, pendant dix
mois, de l’érosion monétaire, puisque la révision annule
sera repoussée au 1er novembre.
Par ailleurs, le patronat a accepté d’augmenter ses coti-
sations, qu’il chiffre à 700 millions d’euros par an, après
avoir obtenu du gouvernement un accord de principe sur
une baisse de ses cotisations de la branche « accident du
travail » qu’il finance en totalité.
Une autre source d’économie serait la fusion de l’ARR-
CO et de l’AGIRC, suivi du regroupement des caisses, qui
n’ont que des fonctions sociales.
Cet accord n’a pas été signé par la CGT et par FO, qui y ont
vu une atteinte à l’âge légal de départ à la retraite.
A défaut de cet accord, il aurait fallu réduire la valeur des
points de retraite, après 2018 pour l’AGIRC et 2027 pour
l’ARRCO, en fonction de l’épuisement des réserves.
Par contre, un régime de retraite par répartition ne peut
jamais faire faillite, car il n’a pas d’autre obligation que de
répartir les cotisations qu’il encaisse sur les salaires des
actifs, entre les retraités.