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page 34 - Numéro 348 du 7 mars 2014
Point de vue
Doutes sur les causes de l’hiver doux
tel que vécu cette année en France
S
elon un bilan pro-
visoire de Météo
France, la tempé-
rature moyenne de cet
hiver devrait dépasser de
1,8 degré la normale sai-
sonnière.
L’hiver n’est pas fini et
nous ne sommes pas
à l’abri d’une vague de
froid, mais sous cette ré-
serve, on peut dire que
l’hiver 2013-2014 aura
été l’un des trois hivers
les plus chauds depuis
1900.
Ce constat accrédite
l’idée que cet hiver très
doux, que nous vivons actuellement, s’explique par la va-
riabilité naturelle du climat et au mieux par la tendance
actuelle du réchauffement atmosphérique, sans pouvoir
l’imputer, exclusivement et avec certitude à l’activité hu-
maine, un pas trop facile à franchir.
En dépassant de 1,8 degré la moyenne du dernier siècle,
le dernier hiver se compare à l’hiver 2006 -2007, qui était
le second hiver le plus chaud de l’histoire météorologique
récente, derrière l’hiver 1989-1990.
Le revers de la médaille de l’hiver 2013-2014, anormale-
ment doux, par rapport à la moyenne de référence, cal-
culée sur la période 1981-2010, fut l’immense quantité
de précipitations sur certaines régions et la multiplication
des tempêtes, soit trois en décembre, deux en janvier et
sept en février.
C’est notamment la Bretagne qui a connu les mois les plus
pluvieux depuis cinquante ans, avec des vents dépassant
les 150 Km/h, par moments.
Il est, pour l’instant impossible de faire un lien entre le
réchauffement climatique et ce long épisode de douceur
hivernale en France, cependant on ne sait pas si le début
de l’année 2014 pourrait dans son ensemble, battre un
raccord de température au niveau mondial.
La variabilité du climat que nous constatons semble liée à
une anomalie de circulation atmosphérique, appelée os-
cillation Nord-Atlantique du Jet Stream, qui envoie de l’air
chaud sur l’Europe et de l’air froid sur le Canada et sur les
Etats-Unis, ce qui nous a été épargné cet hiver.
La question qui se pose est de savoir si l’oscillation du Jet
Stream n’a pas été provoqué par le réchauffement clima-
tique, en sachant qu’il n’y a pas de consensus actuelle-
ment a cet égard.
Des fluctuations existent depuis des centaines d’années,
ce qui fait que certains hivers sont plus chauds ou plus
froids que d’autres, du fait des variations de la circulation
des courants.
Plus près de chez nous et pour le moment, après cet hiver
chaud et humide dont nous ne sommes pas encore sor-
tis, Météo France anticipe un début de printemps plutôt
chaud et sec, avec cependant des prévisions à trois mois,
hautement incertaines.