n°348 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 7 mars 2014 - page 35

RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 35 - Numéro 348 du 7 mars 2014
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Point de vue
Mise en oeuvre de nouvelles pratiques
dans l’agriculture
L
’idée de lancer de
nouvelles pratiques
dans
l’agriculture
est née à l’occasion du
Grenelle de l’environ-
nement, en 2009, alors
qu’une crise frappait les
éleveurs, étranglés par
la baisse du prix du lait
et par l’augmentation
continue du coût de l’ali-
mentation animale.
Alors que le Grenelle
pour
l’environnement
évoquait la nécessité de
modifier les pratiques
agricoles, la rencontre
avec l’animateur d’une
société de conseil privée,
spécialisée dans l’agriculture, a servi de révélateur à 52
exploitants ardéchois, qui décidèrent de s’unir pour ré-
duire l’usage des pesticides, ce qui a donné naissance, et
c’est un exemple remarquable, de la création du GIE DAD,
qui couvre aujourd’hui 1 850 hectares.
Leur première réalisation commune a été l’installation de
stations pour collecter et traiter les effluents contaminés,
avant d’engager la réflexion sur la réduction des pesti-
cides et de passer à l’acquisition, en commun, de matériel
de substitution au désherbage chimique, financé par des
fonds publics, grâce à leur dimension collective.
Puis, riche de leurs 6 millions de litres de lait, ils ont obte-
nu le concours d’un de leurs clients, un gros transforma-
teur de lait, qui a accepté de les accompagner en créant
une filaire bio et en leur versant une prime de conversion
substantielle.
Pour couronner le tout, trois grandes cuves de méthani-
sation, en phase finale de construction, sont destinées à
traiter les effluents d’élevage, pour produire de l’électrici-
té et du digestat, qui servira d’engrais.
La méthanisation sera état de fonctionner au printemps,
en sachant que c’est un projet collectif, dont la gestion a
été confiée à une entreprise spécialisée.
L’installation représente un investissement de 1,6 million
euros et a bénéficié de 30 % de financements publics et
devra être amortie en sept ans, grâce au rachat de l’élec-
tricité produite, négocié avec EDF, devant rapporter 300
000 euros par an.
C’est un exemple de la mise en oeuvre d’un projet collec-
tif, entre agriculteurs qui se connaissent bien, pour avoir
oeuvré ensemble au sein d’un premier GIE, né de leur vo-
lonté de gérer collectivement les diverses préoccupations
environnementales du moment puis, en transformant les
GIE existant, avant la lettre , en GIEE, par l’ajout d’une se-
conde lettre E , pour « intérêt écologique ».
D’après ce qui se dit dans l’entourage ministre de l’Agri-
culture, Stéphan Le Foll, qui suit l’expérience ardéchoise ,
le GIEE, n’est pas destiné à constituer une nouvelle entité
juridique, mais il s’agirait d’un label attribué à des grou-
pements d’agriculteurs, pour l’obtention des concours fi-
nanciers de soutien à leurs projets spécifiques.
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