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page 34 - Numéro 421 du 30 octobre 2015
Point de vue
Doute sur les produits retardateurs de flammes
L
es
retardateurs
de
flammes sont des mo-
lécules présentes dans
les produits en contact avec
le grand public, des textiles,
des meubles, des mousses
synthétiques, des produits
électroniques et autres, afin
de réduire les conséquences
d’un incendie.
L’Agence nationale de sécu-
rité sanitaire de l’alimenta-
tion, de l’environnement et
du travail, l’Anses vient de
publier une expertise sur les
retardateurs de flammes,
dont il résulte que ce sont
des molécules présentant
des risques pour la santé et
l’environnement, mais dont
l’efficacité dans la préven-
tion des incendies n’est pas démontrée.
A l’occasion de l’accident dramatique qui vient se produire
à Puisseguin en Gironde, dont les victimes sont décédées
dans l’incendie brutal et violent de l’autocar qui les trans-
portait, un expert qui s’est exprimé devant les caméras a
précisé, que dans ce type de car, les moquettes, les sièges
et les revêtements intérieurs des cars en circulation ont
subi un traitement « anti-feu » ce qui confirme les ré-
serves exprimées quand l’efficacité de ce traitement, vu
les circonstances du drame.
Par contre, les risques pour la santé sont réels, certains de
ces composants sont reconnus cancérigènes, perturba-
teurs endocriniens, toxiques pour la reproduction, voire
tout à la fois.
L’Anses avait été saisie en 2011 par la DGCCRF au sujet
de la réglementation française, qui n’impose l’usage de
retardataires de flammes dans les meubles rembourrés
que si ces derniers sont destinés à des établissements
d’accueil du public comme les salles de spectacles et pas
pour l mobilier privé, comme c’est le cas, notamment, aux
Etats-Unis et au Royaume uni.
Dans son avis, l’Anses répond par la négative et recom-
mande des mesures alternatives à l’usage de ces subs-
tances.
Elle attire l’attention sur le fait que les produits chimiques
utilisés peuvent migrer depuis le rembourrage et s’accu-
muler dans les poussières domestiques, qui finissent par
être ingérées ou inhalées ou encore de se retrouver dans
l’air intérieur à l’état volatil.
Par ailleurs, les données disponibles sont insuffisantes
pour conclure que le traitement ignifuge des meubles
rembourrés contribue de façon significative à la baisse de
la fréquence et de la gravité des incendies domestiques.
De toutes les manières la prudence s’impose avec
l’usage, notamment, des bougies dans un appartement
ou une maison. Le départ d’un feu semble anodin mais
sa propagation est spectaculaire et au bout de quelques
minutes, il n’y a plus rien à faire.