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page 14 - Numéro 421 du 30 octobre 2015
Point de vue
Le groupe Volkswagen peut-il et doit-il survivre
au scandale du logiciel truqué ?
O
n peut dire, sans parti pris, que
le groupe s’est déshonoré, qu’il
a déshonoré l’industrie automo-
bile et qu’il a déshonoré son pays, répu-
té pour sa rigueur industrielle.
Aujourd’hui, plus personne ne peut lui
faire confiance.
Dans ce contexte, le nouveau pré-
sident du directoire, a estimé, devant
quelque 20 000 salariés réunis au siège
de Wolfsburg, que les conséquences fi-
nancières et commerciales sont encore
aujourd’hui impossibles à prévoir.
Il semble vouloir se préoccuper priori-
tairement du financement du coût du scandale provoqué
par Volkswagen, dont il reconnaît la portée mondiale.
Il s’est engagé, devant les salariés à tout faire pour limiter
les conséquences sur leurs emplois, tout en annonçant
que les projets d’investissements allaient être réexa-
minés, en prévision du recul des parts de marchés des
marques touchées par le scandale.
Dans une déclaration devant la presse, il a annoncé que
la procédure de rappel des véhicules équipés de moteurs
diesel truqués devrait commencer en janvier, pour s’éta-
ler jusqu’à fin 2016.
Maintenant, il reste à estimer le coût du scandale et des
moyens du groupe d’y faire face.
Alors que le Deutsche Bank ne s’engage sur aucun mon-
tant, pour le Crédit Suisse, l’affaire pourrait coûter de 23
à 78 milliards d’euros, ce qui prouve qu’il y a encore beau-
coup trop d’inconnus, pour évaluer le dommage, mais ce
qui compte, ce sont les moyens de Volkswagen, pour y
faire face.
Le groupe devra faire face, principalement aux Etats Unis,
aux amendes, mais aussi en Europe, le tout pour un mon-
tant estimé à 15 milliards d’euros.
Le coût des rappels, des réparations à engager pour les
remises aux normes des 11 millions de moteurs fautifs,
viendra après.
Il s’agirait de 10 milliards d’euros qui pénaliseront les ré-
sultats opérationnels de l’année à venir.
Un autre facteur impossible à chiffrer est le coût de pro-
cès intentés à titre individuel ou sous forme d’actions col-
lectives par les propriétaires trompés et les actionnaires,
après la chute de près de 40 % du cours des actions.
Il reste une autre inconnue, l’impact sur les ventes qui
pourraient baisser du fait de la défiance du public, estimé
entre 3 et 5 %.
Dans l’immédiat, la situation financière du groupe ne
pose pas de problèmes et il conserve sa notation de cré-
dit des principales agences, ce qui est important pour sa
filiale bancaire, sans parler des actifs considérables, pou-
vant être cédés.
Quant à son devenir, il dépendra de la volonté des grands
actionnaires, les familles Porche et Piech, qui détiennent
plus de 50 % du capital, mais, aussi du Land Basse-Saxe,
qui auront à digérer la chute de leurs actions.