RiskAssur-hebdo
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page 36 - Numéro 416 du 25 septembre 2015
Reportage
résultats en fonction de la branche industrielle.
Le premier résultat de l’étude est que l’ERM est
d’autant plus affiné que la volatilité des flux de
trésorerie est élevée. En clair, le risk-management est
d’autant plus incorporé dans la culture de l’entreprise
que ses flux de trésorerie sont volatils. Alors, les
efforts en risk-management visent à rassurer les
parties prenantes, et en particulier les actionnaires
et les analystes financiers, même lorsque les marges
brutes d’autofinancement connaissent des variations
importantes.
En clair, l’ERM est alors utilisé comme un véhicule de
renforcement de la confiance des parties prenantes
dans la capacité de l’entreprise à remplir ses
obligations à court, moyen et long terme. En un mot,
l’ERM vise à asseoir sa réputation sur sa résilience,
et donc à réduire les craintes des actionnaires d’une
faillite ou d’une situation de détresse financière.
Quelques articles publiés ont évoqués la création
de valeur mais ils ont apporté peu de preuve
scientifique du lien causal entre ERM et valeur. La
question doit donc être réexaminée au travers de
nouvelles recherche.
Les auteurs quant à eux souhaitent que le RIMS
continue de rassembler des données avec des séries
historiques qui vont s’étoffer avec des questions
visant à valider l’implication des dirigeants dans le
processus, et l’utilisation de référence comme COSO
ou ISO31000. Mais il faudra les rapprocher d’autres
caractéristiques concernant la performance, la
gouvernance, le profil de risques, etc.
Toutefois, la plupart des professionnels s’accordent
sur ce que l’ERM est source, non seulement de
préservation, mais en outre de création de valeur. Le
débat reste ouvert, il faut souhaiter que les études
se multiplient de façon à mieux cerner les éléments
conjoncturels ou structurels qui contribuent à
l’efficience de la gestion des risques, en particulier
l’intégration dans la stratégie, au niveau de son
développement et de son exécution.
Quelle sera l’assurance de demain et
d’après demain ?
Après ces quelques jours de réflexion dans le monde
économique, alors qu’ils ont eu lieu six semaines après le
séminaire de l’IIS avec les principaux dirigeants mondiaux
de l’assurance et de la réassurance, la distance entre les
préoccupations des universitaires et celles des dirigeants
est apparu comme toujours aussi large.
Même lorsque les thèmes sont communs, leur traitement
est très différent, comme dans le cas des Cyber-risques.
Curieusement l’horizon des dirigeants semblaient plus
lointaine que celle des universitaires, en particulier en
ce qui concerne le réchauffement de la planète et plus
généralement la question de la résilience.
Il est possible que le rythme quinquennal de WRIEC
incite à découper l’horizon temporel en tranches de cinq
ans, d’autant que les jeunes universitaires doivent garder
à l’esprit que leur carrière, leur accession à des postes
de professeurs, est directement liée à leur capacité à
convaincre leurs pairs de publier leurs articles dans les
journaux les plus prestigieux.
Sans doute revient-il aux assureurs de soutenir davantage
la recherche pour que les thèmes choisis débouchent
plus directement sur des réponses à leurs questions.
Je pense bien entendu à des subventions, à des chaires,
mais aussi à des équipes mixtes au sein desquels les
professionnels pourraient apporter leurs compétences
et leur vision en facilitant à terme le recrutement des
milléniaux de haut niveau indispensables pour une
entrée de plein pied de l’industrie dans le vingt et
unième siècle, le siècle de l’économie « Internet » avec
les conséquences à tous les niveaux des processus
assurantiels, y compris la distribution, la gestion des
sinistres, et la formation des citoyens-assurés.
C’est en 2020, en Amérique du Nord, qu’un nouveau
point pourra être fait sur la recherche en assurance
et gestion des risques, en attendant les différentes
associations vont poursuivre leurs routes séparées en
Europe, en Amérique du Nord, et en Asie.
Une des grands questions est de savoir où en sera
l’assurance en Chine alors, et la seconde de savoir
si l’assurance en Afrique sub-saharienne aura enfin
décollé ?
Professeur Jean-Paul Louisot,
MBA, ARM, FIRM
Docteur ès Sciences de Gestion de la Sorbonne
Anc. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Institut Catholique de Lille
Managing Partner – JPLA Consultants LLC