n°348 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 7 mars 2014 - page 15

RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 15 - Numéro 348 du 7 mars 2014
Abonnement gratuit sur
Point de vue
Les mutuelles incluent à tort
le coût des inondations
dans leurs statistiques sinistres
L
e 5 mars, on a pu lire
dans la presse quo-
tidienne : « La suc-
cession de tempêtes que
nous avons connue entre
la fin décembre 2013 et
la mi-février augure mal
de l’année 2014 » selon
les explications données
par le Groupement des
entreprises
mutuelles
d’assurances, le GEMA à
la presse, pour ajouter
que les différents intem-
péries ont déjà couté
133 millions d’euros « à
ses membres » dont 39
millions d’euros pour les
seules inondations du
Var, en janvier.
Et le président du GEMA Gerard Andreck d’ajouter « Nous
ne voyons pas de raison d’envisager un avenir favorable
en matière de sinistralité, pour la multirisque habitation
».
Tout ceci est dit pour affirmer que les résultats de l’as-
surance multirisque habitation se dégradent et que les
particuliers sont prévenus, « elle leur coutera plus cher ».
Ce que le GEMA et son président semblent vouloir igno-
rer, que ce ne sont pas les assureurs qui prennent en
charge, au titre de leur activité ordinaire, les dommages
provoqués par les catastrophes naturelles, qui sont pris
en charge, avec la garantie de l’Etat, par l’assurance
des Catastrophes naturelles, financée par la cotisation
des CatNat, un supplément de prime que les assurés
connaissent bien.
L’assurance des Catastrophes naturelles (CatNat) est gé-
rée par les assureurs, qui interviennent avec leurs ex-
perts, dans le règlement des sinistres, ce qui peut prêter
à confusion, mais pas de leur part.
C’est l’Etat qui intervient, dans la garantie des catas-
trophes naturelles, par la volonté du président François
Mitterrand et ce par le biais de la Caisse centrale de réas-
surance, la CCR.
C’est lui qui détermine le montant de la cotisation à la
charge des assurés, qui déclenche la prise en charge des
dommages par la publication d’un arrêté interministériel
constatant l’état de catastrophe naturelle, qui en men-
tionne la nature et l’étendue de la zone concernée.
Le rôle des assureurs se limite à celui d’un prestataire ser-
vice , qui a à rendre compte de l’exécution de son mandat
de gestion pour autrui.
Dans sa communication, Gérard Andreck a fait état d’une
augmentation de la sinistralité des risques assumés par
les mutuelles du Gema, notamment de 8% au tire de
l’incendie et 2 % au titre du vol, ce qui peut justifier une
majoration des cotisations, mais pas les tempêtes et les
inondations.
Il est bon de le rappeler aux assurés.
1...,5,6,7,8,9,10,11,12,13,14 16,17,18,19,20,21,22,23,24,25,...44
Powered by FlippingBook