n°427 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 11 décembre 2015 - page 22

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page 22 - Numéro 427 du 11 décembre 2015
Point de vue
Les soins palliatifs restent
une nécessité non financée
L
es soins palliatifs permettent de terminer la
vie en bénéficiant d’une prise en charge glo-
bale de la douleur et de la souffrance psy-
chique, réservée malheureusement encore à
quelques privilégiés.
Il est apparu, à l’occasion de la discussion, en
2005, de la première loi sur la fin de vie, que
cette approche permettait d’éviter des situations
conduisant aux solutions extrêmes comme l’eu-
thanasie où le suicide de personnes qui souffrent,
avant de mourir, sans la moindre assistance.
Seulement dix ans plus tard, malgré les promesses
et engagements, seule une minorité des patients
atteints d’une maladie grave, évolutive ou ter-
minale ont accès aux soins palliatifs, faute d’un
nombre suffisant d’unités spécialisées, sans par-
ler d’une absence quasi-totale en soins de ville.
Pour permettre à davantage de patients en fin
de vie de bénéficier des soins palliatifs, la ministre de la
Santé, Marisol Touraine a annoncé la mise en place d’un
plan de 190 millions d’euros sur trois ans, alors que la
forte disparité territoriale dans l’accès aux soins palliatifs
en France avait été critiquée par la Cour des comptes en
début d’année, au point que c’est une chance de pouvoir
y accéder.
La ministre reconnaît que ces inégalités face à la mort
sont inacceptables et qu’être privé de cet accompagne-
ment ultime, est la plus grande injustice qui soit.
Il est bon de le reconnaître, mais encore, il faut-il pouvoir
remédier et c’est comme toujours un problème financier.
Le dernier plan en date prévoit à la fois une meilleure for-
mation des professionnels de santé, une augmentation
du nombre d’équipes dédiées et une meilleure informa-
tion des patients et de leurs familles.
Pour Vincent Morel, l’ex-président de la Société française
des soins palliatifs, la SFAP, avec lequel le plan dont il est
question a été élaboré, « avec ce plan, on a une vision
globale des leviers sur lesquels on peut agir ».
On veut bien le croire, mais encore faut-on avoir les
moyens pour sa mise en oeuvre.
Il est prévu de créer une spécialité de médecine palliative,
la médecine de la douleur, au niveau du troisième cycle
des études médicales et d’encourager les stages dans les
services de soins palliatifs des étudiants en médecine et
en filière paramédicale, et c’est bien par la qu’il faut com-
mencer.
Actuellement, en dehors des quelques équipes elle-
même, peu de professionnels savent ce qu’il faut faire et
se posent la question des besoins des patients.
La nouvelle loi sur la fin de vie ayant été votée en termes
différents par l’Assemblée nationale et le Sénat, il faut at-
tendre le réunion paritaire, retardée par les attentats du
13 novembre, pour en connaître les trames et les limites.
C’est de cette loi et de sa mise en oeuvre découlera l’uti-
lité des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie.
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