RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Abonnement gratuit sur
page 14 - Numéro 427 du 11 décembre 2015
Point de vue
Les assureurs publient leurs études relatives
à l’évolution des catastrophes naturelles
D
ans un communiqué diffusé
le 3 décembre l’association
française de l’assurance,
I’AFA qui regroupe la FFSA et le
GEMA, annonce la publication
des résultats de l’étude : « Chan-
gement climatique et assurance à
l’horizon 2040 » et le Livre blanc
« Pour une meilleure prévention
et protection contre les aléas cli-
matiques ».
La sortie de ces études coïncide
avec la tenue de la COP 21 à Pa-
ris, qui a pour objet de donner un
coup d’arrêt au réchauffement
climatique en cours et qui est à
l’origine de la survenance de ca-
tastrophes naturelles, de plus en
plus fréquentes, de plus en plus violentes et de plus coû-
teuses.
Nous devons la garantie des CATastrophes NATurelles (les
CatNat), un risque réputé inassurable, à François Mit-
terrand, qui l’a rendu obligatoire en 1982, tout en la fai-
sant prendre en charge, au titre de la solidarité nationale,
encore une exception française.
Ce sont les contrats d’assurance qui servent de support à
cette extension de garantie dite des « catastrophes natu-
relles » dont les pouvoirs publics fixent les règles de fonc-
tionnement et déclenchent les garanties.
Le rôle des assureurs se limite à calculer et à encaisser les
cotisations et à régler les sinistres.
Pour cette raison, leurs fédérations sont bien placées
pour tenir la statistique des sinistres, évaluer l’efficacité
des mesures de prévention et de protection et apporter
un éclairage sur le coût croissant que représenteront les
aléas naturels en France, dans le cadre du réchauffement
climatique, au cours des 25 prochaines années.
Selon ces prévisions, de 48 milliards d’euros pour la pé-
riode 1988-2013, les catastrophes naturelles pourraient
coûter, exprimé en euros constants, 92 milliards d’euros,
d’ici 25 ans.
Il faut donc s’attendre à une augmentation progressive de
la surprime « CatNat » dont le taux de perception est fixé
par les pouvoirs publics (il est actuellement de 12 %).
L’évolution du risque lui-même échappe à notre portée,
en dépendant des mesures qui seront décidées par la
communauté internationale, pour freiner, dans la mesure
du possible, le réchauffement climatique en cours.
Par contre, nous pouvons intervenir, compte tenu des re-
tours d’expérience, sur le plan de la protection, face aux
catastrophes naturelles, inévitables l’avenir.
Le Livre blanc des assureurs fait le constat de l’expérience
du passé, assorti de propositions destinées à intensifier
les politiques publiques de prévention et de protection.
Elle amène aussi la profession à faire de propositions qui
visent à préserver la solidarité sur laquelle est fondé ce
régime d’assurance particulier, tout en introduisant une
incitation à la prévention et au développement de la
culture du risque.