n°427 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 11 décembre 2015 - page 24

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page 24 - Numéro 427 du 11 décembre 2015
Point de vue
Les voitures diesel sont sur le point
d’être délaissées par les automobilistes
L
es voitures diesel ont pris leur essor en France, à
contretemps, uniquement à cause du gazole, moins
taxé que l’essence, alors que les moteurs étaient loin
d’être au point, ce qui a permis aux constructeurs français
d’en faire leur spécialité, ce qui se retourne aujourd’hui
contre eux.
Les anciens possesseurs de voitures diesel en savent
quelque chose, pour avoir voulu rouler moins cher.
Aujourd’hui, alors que les moteurs diesel sont parfai-
tement au point, ils sont économes, peu bruyants et
agréables à conduire, cependant des automobilistes, vic-
times des anciens moteurs, les abandonnent pour des
moteurs à essence, mais une fois de plus à contretemps.
Ils sont obnubilés par la perspective de hausse de la taxa-
tion du gazole, dont on les abreuve, alors que les voitures
diesel consomment de moins en moins de carburant.
Le gouvernement s’est lancé dans le rapprochement de la
taxation des carburants en faisant baisser la fiscalité sur
l’essence et en augmentant celle sur le gazole.
Actuellement, les conséquences de rapprochement sont
occultées par la baisse régulière du prix des carburants
eux-mêmes, mais pour combien de temps encore ?
Cependant, la consommation de carburant est désormais
le premier souci des constructeurs automobiles, dans le
cadre de la politique de lutte contre le réchauffement
climatique, qui leur impose des normes de plus en plus
sévères.
Pour les respecter, les constructeurs doivent ajouter des
systèmes de dépollution, des filtres à particules et des sys-
tèmes d’élimination des anhydrides d’azote qui grèvent le
coût, notamment des petites voitures, de plus en plus à
la mode.
Tous sont condamnés à faire des progrès, quelle que soit
la motorisation, tant pour les moteurs à essence que pour
le diesel, car il faut avancer avec son temps.
Mais revenons au présent.
En 2008, l’année de la crise économique, la moyenne
d’achat de voitures diesel dans l’Union européenne était
d’un peu plus de 50 % alors qu’elle atteignait 77,3 % en
France.
Il faut dire que 95 % des véhicules d’entreprises roulent
en France au diesel, à cause d’un avantage fiscal qui ne
bénéficie pas à l’essence, la déduction de la NA, réservée
au seul gazole.
Il serait possible d’étendre cette disposition à l’essence,
mais cela ne prend pas le chemin, bien qu’il en soit ques-
tion régulièrement.
Ainsi, en octobre dernier, le gouvernement avait fait
mine, une fois de plus, de vouloir étendre la déduction
de la NA à l’essence, mais le ministre du budget ne l’a pas
repris dans le cadre du budget rectificatif, actuellement
en discussion.
Dans ce contexte, le déclin du diesel est amorcé et va se
poursuivre, lentement mais inexorablement, en fonction
de la politique des prix pratiquée par les constructeurs.
Dans un proche avenir, les seuls segments où il sera en-
core rentable de rouler au gazole sont les berlines, les
monospaces et le 4x4, à condition de faire 20 000 km par
an.
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