n°416 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 25 septembre 2015 - page 17

RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 17 - Numéro 416 du 25 septembre 2015
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Point de vue
L’air des enceintes ferroviaires souterraines
est envahi par les particules fines
A
Paris, c’est particulièrement
le cas de l’air du métro qui est
beaucoup plus chargé en parti-
cules fines que l’air extérieur.
L’Agence nationale de sécurité sani-
taire de l’alimentation, l’environne-
ment et du travail a fait ce constat
et met en garde, dans une récente
publication, contre les risques sani-
taires, l’Anses, chez les agents travail-
lant dans ces enceintes fermées.
La concentration en PM 10, les parti-
cules inférieures à 10 microns, mesu-
rée sur le quai dans les enceintes fer-
roviaires souterraines en France, se
situe entre 70 et 120 mg par m3 d’air
en moyenne par heure, avec des pics
sur une heure de 1 000 mg, du fait des travaux d’entretien
dans les tunnels, de nuit.
En comparaison, la concentration moyenne en PM10 à
l’extérieur tourne autour de 25 à 30 mg.
De plus, ces particules sont particulièrement riches en
métaux lourds, en fer et en carbone et proviennent de
l’activité ferroviaire elle-même, par le contact des roues
sur les rails et le freinage qui donne lieu à des frottements
intenses.
La toxicité de ces particules, dont les caractéristiques sont
différentes de celle provoquée par la circulation automo-
bile, le chauffage et l’industrie, restent encore peu docu-
mentés, selon l’Anses.
Selon les premières données disponibles, elles sont au
moins aussi toxiques à court terme que les particules de
l’air ambiant extérieur.
Par contre, l’exposition chronique à ces particules soulève
un vrai problème sanitaire respiratoire et cardiovascu-
laire, insiste Valérie Pernelet Joly, responsable de l’unité
de l’évaluation des risques liés à l’air, de l’Anses.
La concentration de particules fine observée est à même
de susciter un stress oxydant, c’est-à-dire une agression
des cellules de l’organisme et d’entraîner des inflamma-
tions, notamment pulmonaires.
Selon une étude d’expositions individuelles réalisées par
la RATP sur l’ensemble des lignes du métro et du RER, les
personnels les plus exposés aux PM10 sont les conduc-
teurs, suivis des agents de manoeuvre et de contrôle,
mais aussi les agents de recette.
Pour l’Anses, le risque sanitaire est vraisemblablement
plus élevé encore pour les agents en charge de la mainte-
nance, compte tenu de la spécificité de leur activité, mais
principalement les personnels effectuant des travaux
dans les tunnels, le plus souvent de nuit.
C’est d’ailleurs entre 2 heures et 5 heures du matin que
l’on observe les plus fortes concentrations de PM10 sur
une heure, provenant des motrices diesel, composés de
silice cristalline, de particules métalliques et d’amiante.
Les mêmes données ne sont pas transposables aux voya-
geurs dont l’exposition, même quotidienne, est intermit-
tente.
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