RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 3 - Numéro 472 du 23 décembre 2016
Abonnement gratuit sur
Edito
En principe, il n’y a pas de mal à cela, à condition de respecter leur vie et leur bien-être.
Alors que dans le passé, les hommes se nourrissaient de la chasse et de la pêche en considérant les animaux comme
un don de la nature, ils se sont tournés vers l’élevage lorsque les ressources naturelles ont commencé par s’épuiser,
comme ils développent depuis peu la pisciculture pour faire face au manque de poissons sauvage, à commencer par
l’élevage massif de saumons.
Ils ont trouvé commode de monter à cheval pour se déplacer et pour faire la guerre, de se servir d’eux comme d’ani-
maux de trait, après avoir inventé la roue, et pour tirer la charrue comme animaux de labour, ce qui relève aujourd’hui
du passé.
Par contre l’homme a imaginé les sports équestres qui prennent de l’ampleur et les corridas, aujourd’hui sur le déclin.
En Egypte, le chat était un dieu avant de devenir, comme le chien un animal de compagnie.
Pendant ce temps, des philosophes comme Platon et Aristote ont ébauché sur la nature humaine des théories comme
celle où le genre des animés se divise en trois catégories essentiellement distinctes, l’animal, l’homme et le dieu.
Laissons les philosophes d’antan à leurs pensées et tournons-nous vers une époque, plus près de la nôtre, celle de
Victor Hugo, d’Emile Zola et de bien d’autres, où la défense des animaux allait de pair avec celle des femmes, des en-
fants et des pauvres.
La loi du 22 mars 1850, dite loi Grammont en est une des conséquences, c’était la première loi pénale destinée à pro-
téger les animaux domestiques contre les mauvais traitements.
Cette loi a été soutenue par Victor Schœlcher, qui a fait abolir l’esclavage et pour qui la défense des animaux, loin de
s’y opposer procède au contraire d’un humanisme élargi.
Aujourd’hui, la question animale est présente dans les débats de société et le champ politique au risque, pour certains
d’oublier les libertés et les droits de l’homme, alors que le monde est confronté à d’autres problèmes, résultant du
changement climatique auquel il faut s’adapter.
Nous avons besoin d’eau, d’énergie et de nourriture pour 7 milliards d’humains, dans la perspective de passer à 10
milliards, si toutefois les conditions de vie sur Terre le permettent, ce qui n’est pas garanti.
Pour la nourriture, nous sommes tributaires du sol et de la mer, que l’homme doit préserver au mieux de ses moyens
et de ses besoins.
Espérons que nous aurons encore longtemps des animaux de compagnie, pour notre plaisir.
Quant à la nourriture, nous aurons des arbitrages à faire entre la consommation directe de produits de la terre et leur
transformation, pour partie, en produits carnés, en sachant d’ores et déjà que l’élevage de bovins ne sera plus, à bref
délai, à notre portée.
Nous avons des enseignements à tirer des conditions d’élevage et d’abattage actuelles des volailles, des porcs et des
autres animaux de ferme pour leur assurer une existence et une fin de vie, exempt de stress.
Erik Kauf
Rédacteur en Chef