n°464 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 21 octobre 2016 - page 2

Les initiatives non-étatiques se précisent
pour agir en faveur du climat
M
algré l’accord arraché à Paris en décembre 2015, à l’occasion de la COP 21, et en sachant depuis peu que sa
ratification est en bonne voie, il faut se rendre à l’évidence que les engagements volontaires des Etats laissent
la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3 degrés.
Il est toujours peu crédible d’atteindre l’objectif de le situer en dessous de + 2 degrés et encore moins de ne pas dé-
passer les 1,5 degré, pour éviter aux Etats insulaires du Pacifique d’être submergés par la montée de l’océan.
Pour eux, c’est déjà trop tard et il faudra venir en aide aux populations insulaires pour qu’elles puissent s’installer
ailleurs, à temps.
Cependant, les bonnes volontés ne manquent pas et durant trois jours des collectivités territoriales, des organisations
syndicales, des ONG, la communauté scientifique et des entreprises se sont réunis à Nantes pendant 3 jours, du 26
au 28 septembre, au Sommet Climate Chance, qui a réuni 3 000 acteurs non-étatiques, pour mutualiser leurs expé-
riences, faites de succès et de difficultés.
A l’ouverture de la conférence, le maire de Ouagadougou au Burkina Faso a donné le ton, en martelant « Il faut de
l’action, de l’action, de l’action ».
Il y avait notamment la ville d’Utrecht, aux Pays Bas, une communauté villageoise d’Ethiopie, le Costa Rica surnommée
la Suisse de l’Amérique centrale, la métropole catalane de Barcelone, pour donner une idée de la représentativité des
participants au sommet de Nantes.
Ils ont tous des projets qui témoignent du foisonnement des réalisations de terrains et des opportunités naissantes à
travers le monde.
Neuf mois après la COP21 de Paris et à quelques semaines de la COP 22 de Marrakech au Maroc, la première confé-
rence de Climate Chance s’est voulue un antidote au fatalisme et rendre crédible l’objectif de + 2 degrés fixés par
l’accord de Paris.
A Nantes, les acteurs, tous privés et non étatiques, se sont montrés déterminés à porter des propositions construc-
tives et précises permettant à leurs pays respectifs de procéder, dès 2018, le point d’étape, prévu dans le texte de l’ac-
cord de Paris, à une réévaluation à la hausse de leur contribution, indispensable pour atteindre l’objectif de l’accord, à
condition d’entendre la société civile.
Laurence Tubiana, encore ambassadrice chargée des négociations climatiques pour la France est missionnée, pour
quelques semaines encore, des négociations climatiques pour la France, a salué la capacité des acteurs non gouver-
nementaux à rendre les Etats plus courageux.
Pour elle, « c’est parce qu’il y a eu cette coordination fantastique des acteurs non étatiques, que la COP 21 a été un
succès et que cette méthode est à poursuivre ».
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