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Les investissements massifs dans l’intelligence artificielle commencent à inquiéter les autorités monétaires européennes. Le 2 novembre 2026, Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, a alerté sur les risques liés à l’envolée des valorisations des entreprises américaines spécialisées dans l’IA. En cause, des dépenses considérables, des perspectives de rentabilité encore incertaines et un recours croissant à l’endettement. Une correction brutale des marchés américains pourrait également affecter les investisseurs européens, largement exposés aux valeurs technologiques.
L’intelligence artificielle est devenue l’un des principaux moteurs de l’investissement technologique mondial. Les grandes entreprises américaines consacrent des sommes considérables au développement de modèles toujours plus performants, à la construction de centres de données et à l’acquisition des équipements nécessaires à leur fonctionnement. Cette course à l’innovation nourrit les perspectives de croissance, mais soulève aussi une interrogation financière majeure : les bénéfices futurs permettront-ils de rentabiliser les capitaux engagés ?
C’est précisément cette question qu’a soulevée Emmanuel Moulin, le 2 novembre, lors d’une conférence organisée à Barcelone. Le gouverneur de la Banque de France ne remet pas en cause les possibilités offertes par l’intelligence artificielle. Il reconnaît notamment son potentiel pour améliorer la productivité des entreprises. En revanche, il s’inquiète du décalage possible entre l’ampleur des investissements réalisés et les revenus qu’ils pourraient effectivement générer.
Son intervention s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue des banques centrales face à la valorisation des entreprises technologiques.
Des investissements gigantesques dont la rentabilité reste à démontrer
Le développement de l’intelligence artificielle exige des infrastructures particulièrement coûteuses. Les entreprises doivent financer des centres de données, acquérir des semi-conducteurs spécialisés, développer des logiciels et mobiliser d’importantes capacités électriques pour faire fonctionner leurs installations.
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