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Gérer les risques des réseaux logistiques alors que les ruptures sont devenues la nouvelle norme 
Pr Jean-Paul Louisot

Gérer les risques des réseaux logistiques alors que les ruptures sont devenues la nouvelle norme
Pr Jean-Paul Louisot

Article lu 651 fois, depuis sa publication le 30/04/2026 à 14:27:08 (longueur : 5412 caractères)


« Un risque d'approvisionnement négligé aujourd'hui est une crise pour l'organisme demain.. » (Marjin Overvest, Procurement Tactics)
De la géopolitique au cyberespace, en passant par le climat et les tarifs douaniers, 2026 démontre que la perturbation des réseaux d'approvisionnement n'est plus épisodique. Elle est intégrée. De nouvelles recherches mettent en évidence l'ampleur des pertes et l'écart de résilience que les gestionnaires de risques doivent maintenant combler.
La promesse d'une stabilité post-pandémique ne s'est jamais matérialisée, et 2026, à la suite de 2025 a plutôt révélé un monde où les perturbations sont devenues la base du commerce mondial.

Les réseaux d'approvisionnement mondiaux sont entrés en 2026 avec l'espoir d'une base plus stable, mais l'année a rapidement prouvé le contraire spécifiquement du fait de la décision de Donald Trump de suivre le premier ministre israélien dans sa croisade pour éradiquer définitivement le risque que représentait l'Iran à leurs yeux. Avec la fermeture du détroit d'Hormuz, la perturbation est devenue systémique plutôt qu'exceptionnelle, influençant les opérations au quotidien et les décisions stratégiques, tactiques et opérationnelles dans tous les secteurs.

Ce que nous avons vu avec le contrôle de l'Iran sur le détroit d'Ormuz est le plus grand acte de jujitsu dans l'histoire humaine… L'Iran a essentiellement imposé des sanctions économiques au reste du monde par son étranglement sur la cargaison de pétrole en provenance du golfe Persique. Pour les risk-managers, le monde post-pandémique n'a pas apporté la stabilité. Il a simplement remplacé une série de chocs par d'autres.
Si la COVID était l'histoire du début des années 2020, elle a été remplacée par l'inflation en 2023-24, exacerbée par la guerre en Ukraine, mais cela a encore une fois basculé.
Une enquête diligentée par WTW montre à quel point le profil de risque du réseau d'approvisionnement a évolué. Le risque géopolitique, alimenté par la guerre des droits de douane lancée au monde entier par Donald Trump en avril 2025 était déjà devenue l'année dernière la principale préoccupation de 19 % des entreprises, tandis que l'inflation avoisine les 18 %, et que la cyber-sécurité passe de 5 % des réponses principales en 2023 à 16 % en 2025.

En revanche, les risques liés à la pandémie et à la santé sont passés de 23 % des personnes interrogées les citant comme principale préoccupation en 2023 à 13 % en 2025, ce qui suggère que les chocs du type COVID ont été internalisés et que l'attention s'est portée sur des pressions politiques et économiques plus immédiates.

Suite à cela, le rapport 2026 du Healix Risk Radar, publié avant le lancement des frappes Israélo-Américaines sur l'Iran a révélé que la géopolitique est désormais la force déterminante derrière l'interruption des activités, façonnant l'exposition aux cyber-menaces, la fragilité du réseau d'approvisionnement, la volatilité climatique et la surveillance numérique. Une enquête de Maersk auprès de plus de 900 entreprises européennes montre que quatre sur cinq s'attendent à ce que la perturbation des réseaux d'approvisionnement se poursuive jusqu'en 2027, en raison de la volatilité géopolitique, des droits de douane et de l'évolution des routes commerciales.

Les résultats s'alignent sur le sentiment plus large reflété dans les enquêtes mondiales sur les investisseurs et les risques politiques. Ils placent désormais la géopolitique avant l'inflation comme principale préoccupation macroéconomique. On peut imaginer que le même sondage conduit aujourd'hui n'aurait fait qu'accroître les crante vis-à-vis des réseaux d'approvisionnement et étendu l'horizon jusqu'en 2028 voire au-delà alors que le conflit se prolonge malgré les accords de cesser le feu vite violé par les agresseurs.

Peut-être le commentaire le plus révélateur sur la direction que prend le risque du réseau d'approvisionnement vient d'Aymeric Chandavoine, président pour l'Europe chez A. P. Moller Maersk. En réfléchissant à l'enquête européenne, il a déclaré : « S'il y a une chose que nous avons appris ces derniers temps, c'est que les perturbations sont imminentes, et que les entreprises européennes considèrent de plus en plus « l'augmentation de la résilience des réseaux d'approvisionnement » comme la seule réponse crédible. »

Prises dans leur ensemble, les dernières données confirment le paysage du premier trimestre 2026 :
- La géopolitique, les cyber-risque et les droits de douane sont au sommet des préoccupations des réseaux d'approvisionnement
- Les pertes naturelles liées au climat continuent de s'élever à plus de 100 milliards de dollars par an en termes assurés, avec de larges écarts de protection.
- Les attentes réglementaires en matière de transparence et d'ESG dans les réseaux d'approvisionnement continuent d'augmenter comme l'incarne la directive européenne.
- Les entreprises qui investissent tôt dans la diversification, la visibilité numérique et des approches de partenariat réduisent considérablement l'impact financier des chocs.

La perturbation n'est plus le cœur de la mission des risk-managers, la véritable histoire pour eux est …

cliquez ICI pour lire la version intégrale de l'étude du Pr Louisot dans le numéro 881 du magazine RiskAssur-hebdo




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