|
|||||||||||||||||||
|
Essayer RiskAssur PRIVILEGE, |
|||||||||||||||||||
Face à l’ampleur des besoins en infrastructures publiques - notamment dans les pays émergents - les États ont de plus en plus recours à des investisseurs privés capables de mobiliser des financements importants sur des horizons longs. Dans ce paysage, certains acteurs revendiquent une approche fondée sur la finance durable et l’impact social. C’est le positionnement adopté par Meridiam, société française spécialisée dans le développement, le financement et la gestion de projets d’infrastructures publiques, qui intervient notamment en Afrique dans les domaines du transport, de l’énergie ou des services essentiels.
Créée en 2005, Meridiam opère aujourd’hui dans 58 pays, gère un portefeuille de 23 milliards d’euros d’actifs et indique avoir investi plus de 87 milliards d’euros depuis sa création. L’entreprise a adopté le statut d’« entreprise à mission », un cadre juridique qui implique l’inscription d’objectifs sociaux et environnementaux dans sa gouvernance. Une orientation qui s’inscrit dans un contexte où la finance est régulièrement critiquée, notamment en raison des crises passées ou des accusations de greenwashing, mais où certains investisseurs cherchent à se différencier par des pratiques plus encadrées.
En deux décennies, Meridiam s’est positionnée sur des projets d’infrastructures d’intérêt général : routes et réseaux ferroviaires, ports et aéroports, établissements scolaires et hospitaliers, systèmes d’assainissement, transports urbains ou encore production d’énergie, en particulier renouvelable. Pour accompagner ces projets, l’entreprise s’appuie sur un réseau de dix bureaux et dispose de quatre implantations régionales à Dakar, Addis-Abeba, Johannesburg et Libreville. Ces investissements répondent à des besoins structurels importants, dans des contextes où les capacités de financement public restent limitées et où les partenariats public-privé (PPP) constituent un levier fréquemment mobilisé par les États.
Au Sénégal, l’entreprise est notamment engagée dans le projet de Bus Rapid Transit (BRT) de Dakar, un réseau de transport urbain électrique mis en service en 2024. L’objectif affiché est de contribuer à la réduction de la congestion routière dans l’agglomération dakaroise, tout en proposant une alternative de transport moins émettrice de carbone. Le projet a été développé sous la forme d’un PPP avec l’État sénégalais. Meridiam détient 70 % du capital de Dakar Mobilité, la société concessionnaire chargée de l’exploitation du réseau dans le cadre d’une délégation de service public de 15 ans. À ce titre, l’entreprise est responsable de l’acquisition du matériel roulant, des systèmes opérationnels ainsi que de l’exploitation et de la maintenance. « Le choix de confier le projet à Meridiam s’est fait naturellement, car cet opérateur privé partageait cette vision de long terme autour d’un transport durable et à fort impact social pour le Sénégal », explique Cheikh Yatt Diouf, directeur général de Dakar Mobilité. Le projet inclut également un volet de formation et de recrutement local, avec une attention particulière portée à l’emploi des jeunes et des femmes.
Dans le secteur de l’énergie, Meridiam a signé en janvier 2025 un partenariat stratégique avec l’Égypte et la Banque africaine de développement (AfDB) pour le développement de projets d’énergie renouvelable. L’accord prévoit un investissement de plus d’un milliard d’euros pour la construction d’un parc éolien d’une capacité de 1,1 GW, destiné à alimenter plus d’un million de foyers. Baptisé Suez Wind Project, ce projet s’inscrit dans la stratégie énergétique égyptienne, qui vise à porter la part des énergies renouvelables à 42 % du mix électrique d’ici 2030. Pour la Banque africaine de développement, il s’agit également d’un projet structurant à l’échelle régionale. « Ce projet éolien est un développement majeur qui souligne le rôle de chef de file de l’Égypte dans le domaine des énergies renouvelables et l’engagement indéfectible de l’AfDB à soutenir des projets énergétiques propres et transformateurs sur tout le continent. », souligne Kevin Kariuki, vice-président chargé de l’énergie, du climat et de la croissance verte à l’AfDB.
Ces projets illustrent la stratégie poursuivie par Meridiam, qui affirme privilégier des investissements à long terme dans les infrastructures publiques et les services essentiels. « Nous investissons principalement dans des secteurs comme les transports, l’énergie, l’éducation ou la santé, en intégrant des objectifs liés à la transition écologique », explique Thierry Déau, fondateur et PDG de l’entreprise. « Le tout en s’impliquant dans la transition écologique et la décarbonation. Et nous continuons sur le même créneau, même quand ce n’est plus dans l’air du temps. » L’entreprise met également en avant une approche qu’elle qualifie de « finance d’ingénieur », fondée sur l’analyse opérationnelle des projets et leur performance sur le long terme. « Chaque investissement – qu’il s’agisse d’une école, d’un aéroport ou autre – fait l’objet d’une évaluation du risque climatique et d’une stratégie de décarbonation. », précise Romain Limouzin, directeur adjoint en charge des Opérations pour l’Europe. Meridiam indique par ailleurs exclure les énergies fossiles de son périmètre d’investissement et s’appuyer sur des indicateurs de performance environnementale et sociale.
Pour les gouvernements partenaires, le recours à des investisseurs spécialisés dans la finance durable peut offrir des garanties financières et techniques, notamment grâce à la mutualisation des risques et à l’expérience acquise sur des projets similaires. Toutefois, le recours aux PPP et aux capitaux privés dans les infrastructures publiques continue de susciter des débats, notamment sur la répartition des risques, la gouvernance des projets ou leur accessibilité économique pour les populations. Dans ce contexte, le modèle défendu par Meridiam s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation de la finance. Alors que l’Afrique concentre à la fois d’importants besoins en infrastructures et un fort potentiel de développement, la question du rôle des investisseurs privés, de leur cadre d’intervention et de leur impact à long terme reste au cœur des discussions. Les projets menés aujourd’hui contribueront à alimenter ce débat dans les années à venir.
|
![]()
Sommaires de RiskAssur-hebdo
A la une |
| ©
2000/2026 par FRANOL Services - riskassur
est une marque déposée par FRANOL Services / ISSN
1632-3106 |
|
| Numéro
de dépôt 702978 CNIL fait le 1 février 2001 en application de l'article 16 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. |
|
| RiskAssur
et RiskAssur-hebdo sont des éditions de FRANOL Services - Immeuble Val de Loire - 4 passage de la Râpe - 45000 Orléans RCS Orléans 339 587 768 - SARL de 7 622,45 € - Gérant : Olivier Kauf - données légales |
|