n°466 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 11 novembre 2016 - page 3

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page 3 - Numéro 466 du 11 novembre 2016
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Edito
Si les moyennes par mois ne sont pas des informations en soi, elles fournissent de précieuses indications.
Nous savons que nous sommes passés d’une moyenne annuelle de 11,44 degrés dans les années 1900 à 11,82 degrés
pour les années 1950, puis à 12,96 dans les années 2000, soit une hausse moyenne de 1,52 degré en un siècle.
La hausse, c’est accélérée à partir des années 1980 à 11,96 degrés et 12, 59 degrés en 1990, soit une hausse de 0,63
degré en dix ans.
A Paris, nous disposons de données fiables sur la capitale qui remontent un peu plus loin dans le 19 ème siècle, depuis
1873.
Pour le début du 20ème siècle, les températures y suivent la même tendance que dans le reste du pays, plus la décen-
nie est ancienne, plus elle est froide et pour ce qui est des années les plus chaudes, on trouve les mêmes températures
que pour le reste de la France.
C’est désormais officiel, l’année 2014 a été l’année la plus chaude jamais observée par Météo France depuis le début
de ses relevés en 1990.
La température moyenne a dépassé la normale moyenne des températures des trentes dernières années de 1,2 degré
sur le territoire métropolitain, davantage que le précédent record qui remonte en 2011, mais qui pourrait être battu
en 2016.
L’étude des données détaillées des températures montre un réchauffement clairement accentué depuis vingt ans, les
dix années les plus chaudes observées depuis 1900 ont toutes été observées au cours des vingt-cinq dernières années,
alors que les années les plus froides sont toutes antérieures à 1963.
Dans un rapport remis à la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, en septembre dernier, une équipe d’experts dirigés
par le climatologue Jean Jouzel a estimé entre 0,6 degré et 1,3 degré la hausse des températures moyennes dans le
pays à l’horizon proche compris entre 2021 et 2050.
Il en résulterait une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été, notamment dans le Sud-Ouest et
une diminution du nombre de jours anormalement froid en hiver, sur l’ensemble de la France.
D’ici la fin du siècle, entre 2071 et 2100, les experts prévoient des hausses de température encore plus fortes, de 2,6
degrés à 6,3 degrés en été selon le scénario qui provoque des vagues de chaleur et des épisodes de sécheresse plus
nombreux et un renforcement des précipitations extrêmes, pouvant entraînes d’importantes inondations sur une
large partie du territoire.
Cependant, ils n’intègrent pas dans leurs prévisions les effets d’un quelconque inversement de tendance provoqué
par une réduction des émissions de gaz à effet de serre, découlant du traité de Paris, qui devrait entrer en vigueur très
prochainement et qui restent à être acté.
Aujourd’hui nous sommes toujours dans l’incertitude quant à l’évolution du dérèglement climatique qui a tendance à
s’accélérer, mais la voie est ouverte pour infléchir l’action de l’homme sur celui-ci.
Nous devons dès à présent prendre les mesures qui nous permettront de résister au mieux aux effets des dérègle-
ments qui se produiront et la communauté internationale a pris l’engagement de venir en aide, à cet égard, aux pays
les plus pauvres de la planète, ce qu’elle a l’occasion de faire à Tahiti, de toute urgence.
Erik Kauf
Rédacteur en Chef
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