L’accord obtenu à la COP 21 servira de base
aux négociations futures
L
e monde a retenu son souffle jusqu’au dernier moment pour obtenir ce qui sera le Traité de Paris, car c’était loin
d’être gagné et il le doit à la ténacité et à la diplomatie dont a fait preuve, Laurent Fabius, le président de la COP
21 et à son organisation parfaite au Bourget (en région parisienne).
L’initiative de François Hollande de convier à une réunion préalable des chefs d’Etat ou de gouvernement des pays
membres de CCNUCC, suivie par 150 d’entre eux, y est aussi pour quelque chose, en donnant une impulsion politique
exceptionnelle au Groupe de travail ADP en charge des négociations.
Le texte, approuvé in extremis, par consensus, par les délégations à la COP 21 leur a été présenté comme ambitieux
et équilibré, reflétant la position des parties.
Pour Laurent Fabius, le projet d’accord proposé est différencié, juste, durable dynamique, équilibré et juridiquement
contraignant, il a déclaré «
L’Accord de Paris permet à chaque délégation et chaque groupe de pays de rentrer chez
eux la tête haute. Notre effort collectif vaut plus que la somme de tous nos efforts individuels. Notre responsabilité
face à l’histoire est immense.
»
Il a le mérite de confirmer l’objectif vital pour la planète, de contenir l’augmentation de la température moyenne, bien
en deçà de 2 degrés et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5 degré, ce qui permettrait de réduire significa-
tivement les risques et les impacts liés aux changements climatiques et, en particulier, contre la montée des océans,
qui se manifeste déjà.
Le texte fait de la réduction des émissions de gaz effet de serre l’affaire de tous, en prévoyant l’actualisation, tous les
cinq ans, des contributions nationales, sans entrer, à ce niveau sans les détails, qu’il appartiendra à chaque état à
prendre en compte.
Il reconnaît la nécessaire coopération sur les pertes et dommages, de manière permanente et prééminente, en mobi-
lisant les moyens adéquats de mise en oeuvre.
Le texte prend en compte l’engagement de dégager, dans ce but, 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 et
qu’un nouvel objectif devra être défini au plus tard d’ici 2025.
Les pays développés ont admis, sous la pression des pays du G77 + la Chine que les 100 milliards de dollars par an
étaient un plancher et non pas un plafond, alors qu’ils sont, à quelques exceptions près, lourdement endettés et vivent
eux-mêmes à crédit, sans savoir comment les payer.
A ce stade, l’origine des fonds attendus n’a pas été précisée, ni la répartition attendue entre le privé et le public, des
questions qui ne manqueront pas d’être évoqué rapidement.
Cependant, la question que l’on doit se poser dès maintenant est celle de savoir, si l’accord de Paris est juridiquement
contraignant et dans quelle mesure il doit servir de base de négociations, en vue de sa mise en application, program-
mée pour 2020.
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page 2 - Numéro 428 du 18 décembre 2015
Edito