La Sécurité sociale n’arrive pas
à réduire la facture des médicaments
C
ette facture tourne autour de 25 milliards d’euros par an, que la Sécurité sociale arrive tout juste à stabiliser, car
les réductions et rabais négociés avec les laboratoires, servent uniquement à financer les molécules nouvelles, à
des tarifs de plus en plus élevés, qui arrivent sur le marché et qui sont réclamés par les patients.
Les médicaments ne sont remboursés que s’ils ont été prescrits par un professionnel de santé et à condition de figurer
sur la liste des médicaments remboursables aux assurés sociaux.
Les prix sont fixés par boîte, par le Comité économique des produits de santé, le CEPS, qui est un organisme inter-
ministériel, chargé par la loi de fixer le prix des médicaments remboursables par les régimes obligatoires d’assurance
maladie.
Par contre, les prix des médicaments non remboursables sont fixés librement par les pharmaciens et peuvent varier
dans des proportions importantes d’une officine à l’autre, aux clients de faire jouer la concurrence.
Pour la Sécurité sociale, les Français consomment trop de médicaments, bien que de moins en moins bien rembour-
sés.
Le régime de remboursement est assez complexe et mérite d’être mieux connu.
Ainsi, les médicaments reconnus comme irremplaçables et coûteux sont remboursés à 100 %, par contre tous les
autres sont remboursés en fonction de leur Service Médical Rendu, le SMR.
Les médicaments au SMR important sont remboursés à 65 %, ceux à SMR moyen à 30 % et, enfin, ceux à SMR faible
à 15 % seulement.
Le taux s’applique sur la base du prix de vente qui n’est pas libre mais fixé par le ministère de la Santé, sur la base des
recommandations du CEPS.
Malheureusement, de nombreux médicaments restent régulièrement introuvables, si leur prix est trop bas, au gré du
laboratoire que les produits.
En effet, pour réduire chaque année le budget de la Sécurité sociale, le ministère de la Santé demande régulièrement
de nouvelles ristournes aux laboratoires, tant en ce qui concerne les médicaments protégés par des brevets, les
princeps, que les génériques.
Cependant, pour inciter les pharmaciens à proposer aux clients des génériques, à la place des princeps ; le gouvernent
est obligé de leur laisser prélever une marge similaire à celles des princeps, pour que l’échange reste financièrement
neutre pour eux, ce qui en réduit d’autant l’économie prévue.
Le gouvernement a réalisé près de 5 milliards d’euros d’économie en trois ans, sous la forme de réductions et de rabais
obtenus de laboratoires pharmaceutiques et ce problème revient chaque année sur le tapis, à l’occasion de l’élabora-
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page 2 - Numéro 420 du 23 octobre 2015
Edito