L’addiction au tabac n’est pas une fatalité
L
’exemple nous vient des Etats-Unis où le nombre de fumeurs est, depuis des décennies, tombé au plus bas.
Aujourd’hui, seuls 15 % des adultes fument encore aux Etats-Unis, contre 42 % en 1965 et 24,7 % en 1997, des
chiffres officiels fournis par le Centre national des statistiques de santé du pays, le NCHS.
Cette baisse du nombre de fumeurs montre qu’il est possible de rompre l’addiction au tabac à condition de trouver le
bon moyen de persuasion.
Malgré cette décrue, le tabagisme reste la première cause de décès aux Etats-Unis, provoquant la mort de quelque
quatre cent quatre-vingt mille personnes chaque année, selon les autorités sanitaires américaines.
Notons qu’aux Etats-Unis, les procédures judiciaires se multiplient contre les cigarettiers, sous la forme d’actions col-
lectives et individuelles sans qu’ils renoncent pour autant à leur activité, qui reste profitable, mais ils vivent aussi des
exportations.
Ainsi, en début d’année, les trois plus grands cigarettiers américains ont accepté de payer 100 millions de dollars pour
clore des poursuites intentées par des fumeurs ou par leurs familles, des fumeurs qui sont soit tombés malade, soit
morts à cause du tabac.
Les médias ont signalé qu’un tribunal de Floride a accordé en première instance, une indemnité de 23,6 millions de
dollars à la veuve d’un fumeur, mort d’un cancer du poumon, une condamnation inconcevable en droit français.
C’est le bruit fait autour de ces affaires qui rend palpable aux Etats-Unis le risque pris par les fumeurs, bien plus que
les illustrations macabres sur les paquets de cigarettes, qui ne font pas reculer le nombre de fumeurs, tout en donnant
des idées aux collectionneurs.
En France, on est toujours à la recherche de la formule choc qui fera reculer le tabagisme qui coûte chaque année 120
milliards d’euros à la société, autant que l’alcool.
Ce montant prend en compte le coût des vies perdues, des pertes de productions ou de la qualité de vie, mais aussi le
montant des dépenses publiques, de soin, de prévention et de répression.
Ces chiffres prennent aussi en compte les recettes sous forme de taxes sur le tabac et, comble du cynisme, les écono-
mies réalisées par les régimes de retraite, du fait des pensions non versées aux 78 966 morts par an liés au tabac, à en
croire les chiffres du professeur Pierre Kopp de l’Université Paris 1, Panthéon Sorbonne.
Selon les chiffres de Pierre Kopp, la France compte en moyenne 672 000 malades du tabac et on peut dire que la
France paye cher leur addiction au tabac.
La France compte 13,4 millions de fumeurs quotidiens dont les 3/4 sont des clients réguliers des buralistes, qui dis-
posent du monopole de la distribution du tabac, en vendant en France les cigarettes et à d’autres produits du tabac,
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page 2 - Numéro 418 du 9 octobre 2015
Edito