Les solutions d’avenir résident
dans le dessalement de l’eau de mer
L
e dessalement de l’eau de mer est l’une des recettes ayant permis à Israël de surmonter le stress hydrique auquel
semblait la condamner son climat semi-désertique.
Le dessalement est une solution coûteuse et peut être complété par le recyclage et la réutilisation des eaux usés, no-
tamment pour des besoins agricoles, dans des régions en manque chroniques de précipitations, malgré le coût élevé
des installations et de leurs frais d’exploitation.
C’est le cas du Moyen Orient, miné par le déficit chronique des précipitations, donc de l’eau douce, au point que le
partage de la ressource est un point majeur de crispation, entre les pays de la région.
Dans ce contexte, le dessalement de l’eau de mer permet de garantir les besoins des ménages en eau potable et la
réutilisation des eaux usées couvre les besoins de l’agriculture.
Le tout suppose une gestion rigoureuse des ressources, l’entretien régulier des réseaux de distribution, de manière à
éviter toute déperdition, et des économies rigoureuses des consommateurs, en raison des coûts de production de la
ressource, ce qui suppose une discipline absolue, sans le moindre laisser-aller.
La solution nous vient d’Israël, dont les précipitations ne couvrent que la moitié des besoins et qui, à un moment don-
né redoutait que le pays se trouve à court d’eau et qui dispose, aujourd’hui, selon ses dires d’excédents.
Sa mise en oeuvre a permis à Eilon Adar, directeur de l’Institut Zuckerberg pour la recherche en eau de l’université
Ben Gourion du Néguev de dire :
« Nous ne considérons pas l’eau comme une simple ressource naturelle, mais comme une matière première aussi
importante que le pétrole » en ajoutant « Nous en avons fait un sujet de sécurité nationale et c’est la clé du succès. »
A la réflexion, il est difficile de lui donner tort, compte tenu des besoins de son pays et du rôle qui y est joué par l’eau.
La première usine de dessalement a été ouverte dès 1972 dans le sud du pays, à Eilat et c’est dans l’un de ses kibboutz
qu’a été inventée, il y a cinquante ans, la technique du goutte à goutte, utilisée aujourd’hui par 90 % des agriculteurs.
C’est à Sorek, à 15 km au sud de Tel-Aviv que se situe la plus grande usine mondiale de dessalement par osmose inver-
sée, une technique considérée aujourd’hui comme aboutie.
Bijou technologique, l’installation est devenue un lieu de pèlerinage pour les spécialistes du monde entier, qui viennent
pour s’en inspirer, face aux besoins croissants d’eau potable sur terre.
Cette usine fournit 20 % de l’eau courante du pays et dessert 1,5 million d’habitants, quatre autres usines ont été
ouvertes durant la dernière décennie et la mise en service d’une cinquième usine est prévue, fin 2015, capables de
couvrir 70 % des besoins du pays.
Le groupe, en charge de ces travaux, construit actuellement une usine de dessalement identique près de San Diego en
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page 2 - Numéro 415 du 18 septembre 2015
Edito