La puissance marémotrice de l’avenir
se prépare au Pays de Galles
L
es usines marémotrices tirent leur énergie des forces de la marée montante et de la marée descendante, qui fait
tourner les turbines à chaque passage puisqu’elles tournent dans les deux sens.
Il se trouve que l’estuaire de la Severn, située entre le pays des Galles et l’Angleterre abrite l’un des sites les plus
propices à la construction d’une usine marémotrice géante, grâce à l’une des plus fortes marées du monde.
Cet estuaire, ouvert sur l’Atlantique, qui s’engouffre dans cette étroite langue de mer, à un différentiel de plus de 9
mètres entre son point haut et son pont bas, ce qui le désigne pour y produire de l’électricité, au moment où il faut
mettre fin aux usines thermiques qui brûlent de l’énergie fossile, en polluant et en réchauffant l’atmosphère.
De cet impératif est née l’étude, sur ce site, de la construction d’une usine marémotrice géante.
C’est une technique connue et maîtrisée en France depuis des décennies, qui a construit entre 1963 et 1966, sur
l’estuaire de la Rance en Bretagne, l’une des premières usines marémotrice au monde, inaugurée par le Président de
la République de l’époque, le Général Charles de Gaulle.
Les premières études remontent à 1925, avant d’être relancées en 1941, un moment mal choisi, pour aboutir à
l’actuelle usine marémotrice de la Rance, qui fournit, avec ses 24 turbines environ 3 % de l’électricité produite en
France.
La centrale marémotrice à l’étude au Royaume-Uni est d’une autre dimension et se situe, dans le cadre d’un projet
développé par l’entreprise galloise Tidal Lagoon Power.
Il s’agit de créer un énorme lagon artificiel autour de Cardiff, la capitale du pays de Galles avec un barrage de 22 km
de long, comportant entre 60 et 90 turbines, qui pourront tourner, comme celles la Rance, dans les deux sens, pour
produire de l’électricité lors du passage de chaque marée.
Selon le projet à l’étude, l’usine aura une capacité de production entre 1 800 et 2 800 mégawatts, en fonction du
nombre de turbines installé, contre les 240 mégawatts seulement pour l’Usine de la Rance.
Tridal Lagoon Power espère obtenir le permis de construire en 2018, pour une mise en service en 2023.
Cette technologie n’a jamais été testée à si grande échelle, mais Ridal Lagoon Power a tout parié dessus et a déjà un
premier projet très avancé dans la baie de Swansea, à une soixante de kilomètres à l’ouest de Cardif, d’une taille plus
réduite mais assez comparable avec un barrage, bien de 10 km.
Ridal espère obtenir pour ce projet les permis de construire en juin prochain, pour pouvoir lancer la construction
tout de suite après.
L’immense avantage de cette technologie, par rapport à l’éolien et au solaire est sa disponibilité, en sachant que,
quelle que soit la météo, il y a chaque jour deux marées, pouvant produire 14 heures d’électricité.
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page 2 - Numéro 396 du 27 mars 2015
Edito